samedi 17 décembre 2016

Quand Dieu ferme une porte

ACTES 16.1‑15

Avez‑vous déjà acquis l’assurance que Dieu approuvait un certain projet au sujet duquel vous aviez prié?
Vous avez planifié en conséquence et, le temps venu, vous vous êtes cogné le nez.
Il s’agissait peut‑être d’un déménagement, d’une relation menant au mariage ou d’une offre d’emploi alléchante.
Peu importe, cela vous a laissé perplexe, déçu ou même désemparé. Que faisait donc Dieu?

Lors de leur deuxième voyage missionnaire, Paul et Silas ont fait une expérience semblable.
Ils avaient prévu rendre visite à des Églises qu’ils avaient implantées, mais ont décidé plutôt d’annoncer l’Évangile dans de nouveaux endroits.
Le Saint‑Esprit les a empêchés d’aller en Asie (la Turquie actuelle).
Ils se sont donc dirigés vers la Mysie, au nord, afin de se rendre en Bithynie, à l’est. Une fois de plus, le Saint‑Esprit leur a fermé la porte.
Ils se sont peut‑être demandé pourquoi Dieu leur interdisait de prêcher la Bonne Nouvelle.
Jésus ne leur avait‑il pas donné le Grand Mandat (Matthieu 28.19,20)?
Le Seigneur a répondu à Paul dans un rêve où il l’invitait à aller en Grèce, un pays aux multiples métropoles. De là, la Bonne Nouvelle pouvait se répandre plus rapidement.
À la longue, Paul s’est rendu à Éphèse et a présenté l’Évangile en Asie.
Quand Jean a rédigé l’Apocalypse, on recensait au moins sept Églises sur ce continent.
Dieu se sert souvent de portes fermées pour nous rediriger.
La réponse la plus judicieuse consiste à nous confier en sa sagesse, à attendre qu’il nous dirige et à suivre les incitations du Saint‑Esprit. Si nous comptons sur lui et lui obéissons, il nous bénira.


Les portes que Dieu ouvre
ACTES 16.16‑34

Nous nous basons parfois sur les résultats obtenus pour déterminer si nous marchons selon la volonté de Dieu.
Nous présumons que, si nous lui obéissons, la vie sera belle.
Quand nous affrontons toutes sortes de problèmes, nous supposons souvent que nous nous sommes éloignés de sa volonté.
Selon Paul, ce n’est pas toujours le cas : « Une porte grande et d’un accès efficace m’est ouverte, et les adversaires sont nombreux » (1 Corinthiens 16.9).
C’est ce qui s’est produit quand Dieu a fermé une porte et qu’il en a ouvert une autre lors du deuxième voyage missionnaire de l’apôtre (Actes 16.6‑10).
Après la conversion de Lydie et des siens, Paul a dû voir une porte ouverte dans cette région.
Peu de temps après, on le battait de verges ainsi que Silas, et on les jetait dans une prison de Philippes.
Nous aimons croire que Dieu veut nous épargner la souffrance ou la persécution, mais ce n’est pas ce que l’Écriture nous apprend.
Il utilise l’affliction pour éprouver notre foi, nous enseigner à dépendre de lui, faire s’épanouir notre sainteté et notre maturité, et nous rendre capables de consoler les autres (Romains 5.3,4; 2 Corinthiens 1.4).
Il se sert également de nos souffrances pour en attirer d’autres à lui.
Il est peu probable que le geôlier aurait été aussi empressé de répondre à l’Évangile si Paul et Silas avaient mal réagi au traitement injuste qu’ils avaient subi.
Quand la souffrance se cache derrière la porte que le Seigneur nous ouvre, il nous offre l’occasion de témoigner aux incrédules de l’œuvre de Dieu en nous.
Apprenons à réagir aux épreuves de sorte que d’autres soient attirés au Sauveur.

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Je cherche l'homme


Tiré de quelques écrits sur un certain Diogène, une réponse à sa question me paraissait utile et édifiante puisque l’Homme, à défaut de Diogène, qui mena quête vaine, je l’ai de mon coté assurément trouvé...!
Connaissez-vous l’histoire de Diogène le cynique, le philosophe de Sinope ...?
Diogène avait quitté les rues d'Athènes de bon matin, seulement vêtu de son tribôn couleur de terre, grand manteau dont il ne se séparait jamais, l'utilisant pour improviser le lit de sa couche dans la jarre qu'il habitait, là où ses auditeurs venaient écouter ses discours. Il tenait dans la main gauche son habituel bâton de marche alors que sa légendaire lanterne l'éclairait d'un faux-jour dans la lumière neuve de l'aube. Les Athéniens, à cette heure matinale, dormaient encore dans le frais de leur demeure et la cité reposait dans le calme. Calme que Diogène s'ingéniait à troubler, criant à tout bout de champ, à qui voulait bien l'entendre une phrase qu'il tenait pour importante :
 
"Je cherche l'homme … Je cherche l'homme…".

Et, disant cela il frappait les dalles de pierre d'une façon aussi régulière que le battement du métronome. Quelques bons citoyens tirés de leur sommeil par le vacarme du Cynique apparaissaient dans le cadre d'une fenêtre, visages hirsutes, puis disparaissaient aussitôt dans l'ombre de leurs demeures.
"Je cherche l'homme … Je cherche l'homme…".
Diogène ne se lassait pas de ressasser son antienne, comme si sa vie en eût dépendu, s'éclaircissant parfois la gorge d'une goulée d'eau fraîche puisée à sa gourde. Diogène, en effet, ne se distrayait jamais de la tâche qu'il s'était fixée et, ce jour-là, il cherchait l'homme, avec le secret espoir d'en trouver enfin un. Car, vivant au fond de sa jarre, s'il rencontrait de nombreux spécimens de l'espèce humaine, il n'en trouvait aucun qui le satisfit pleinement.
Mais sans doute son exigence était-elle démesurée ou bien demandait-il à ses pairs de témoigner d'un héroïsme dont ils paraissaient, pour la plupart, faire l'économie. Certains étaient égoïstes, d'autres pleutres, d'autres peu enclins à la morale ou à l'accueil de leurs prochains et en tant que Philosophe, il ne pouvait se contenter de confier le genre humain à de si piètres destinées. C'est pour cette raison qu'il battait la campagne afin de trouver le Sujet de sa quête.
Le soleil commençait à faire sa course arquée dans le ciel et les collines s'animaient de quelques mouvements. Bientôt il aperçut quelques Bipèdes qui se rendaient aux champs, une houe sur l'épaule. Il croisa des cultivateurs, il rencontra des bergers, leurs troupeaux de chèvres et de moutons; il croisa des pèlerins qui se rendaient sans doute à quelque temple; il croisa des porteurs d'eau, de jarres d'huile, des porteurs de pierre se disposant à bâtir une demeure; il croisa des mendiants une sébile à la main; il croisa des sourciers en quête d'eau; il croisa des meuniers portant des sacs de farine, des forgerons allant livrer des outils sortant de la forge, des potiers chargés d'amphores ventrues et de plats de cuisine; il croisa des charpentiers et leurs troncs mal équarris, des artistes dessinant des ramures d'oliviers; il croisa des citoyens sans métier identifiable, des chemineaux, de probables aristocrates, des poètes versifiant sur la beauté de la nature, des philosophes sans doute versés dans quelque panthéisme; il croisa donc toute une théorie d'Existants auxquels il demanda, sans coup férir et avec la même force de conviction:
"Je cherche l'homme … Je cherche l'homme…".
Il ne s'attira que des regards étonnés, des physionomies fermées, des attitudes interrogatives. Les hommes - car il s'agissait bien d'hommes de chair et de sang -, semblaient ne pas comprendre en quoi consistait la démarche de Diogène-le-chien. Hommes, ils l'étaient aussi bien dans leur anatomie que dans l'exercice d'un métier ou d'une disposition à la finitude. Certainement, ils ne pouvaient penser au sous-entendu philosophique du penseur de Sinope, lequel remettait en cause ce fameux "l'Homme" platonicien, cette Idée, cette Forme pareille à une essence brillant au firmament de la pensée; les hommes terrestres, inclus dans le sensible, n'en étant que de pâles copies. Par sa question itérative, Diogène voulait métaphoriser l'impossibilité de "l'Homme" - cette pure abstraction -, à figurer parmi "les hommes"concrets dans lesquels s'inscrivait, à tout jamais, la loi irréversible de l'entropie par laquelle leurs destins étaient scellés.
Cependant qu'il marchait et qu'il commençait à gravir la pente qui l'amènerait au sommet d'une colline d'où se découvrait Athènes et le bleu infini de la Mer Égée, Diogène avait perdu le sens de sa question philosophique, ne cessant cependant de répéter son antienne aux quatre vents :
"Je cherche l'homme … Je cherche l'homme…".
Là où il était arrivé ne soufflait qu'un air acide et froid, qui n'invitait guère à la contemplation ou bien au dialogue, fût-il platonicien. D'ailleurs, comment l'instaurer ce fameux dialogue, comment créer les conditions d'un colloque singulier, alors que l'on est seul, au sommet d'un monticule de terre, près du ciel, avec la mer immense à l'horizon la lumière intense du soleil et, tout en bas, le quadrillage anonyme de la cité, sa géométrie abstraite ?
Nul homme n'était là, Majuscule ou bien minuscule, éternel ou bien mortel, sauf le flottement dans l'air du tribôn pareil à une voile échouée en plein éther. Le Philosophe de Sinope était là, au bout de la terre, tenant son bâton dans sa main droite alors que sa main gauche, hissant la lampe à hauteur de son visage, faisait son mince crépitement de flamme. Le jour baissait bientôt, portant avec lui des ombres déjà longues, virant à l'outremer.
Diogène hissa la mèche de la lampe qui répandit autour d'elle un crépuscule hésitant. Il commença à redescendre les degrés de la colline, ne cessant de répéter la formule magique qui, maintenant s'était vidée de son suc :
"Je cherche l'homme … Je cherche l'homme…".
A mesure que Diogène redescendait les degrés de la colline, c'était comme s'il s'était obligé à faire sienne la dialectique descendante de Platon. Plus il progressait, plus il quittait les hauteurs de L'intelligible, là où le Soleil vivait encore d'un merveilleux éclat, pour plonger dans la stupeur sombre et étroite du sensible, de son étroitesse, de son absurde contingence. Les hommes qu'il avait aperçus lors de son ascension avaient subitement disparu, comme absorbés dans la toile d'encre de la nuit.
"Je cherche l'homme … Je cherche l'homme…".
La complainte de Diogène, parmi les rumeurs de la campagne, ne s'imprimait guère sur les choses qu'à titre d'une dérisoire brise existentielle. Les bergers, les potiers et autres forgerons étaient maintenant attablés autour de quelque repas qui leur restituerait l'énergie que le labeur leur avait ôtée. Athènes s'apprêtait à vivre ses derniers fastes à l'abri des façades que fermaient de lourdes portes de bois. L'agora ne bruissait plus d'aucun échange et les rumeurs sophistiques s'étaient éteintes comme des brandons recouverts de cendre. Déjà beaucoup dormaient, hommes malgré eux dans le sommeil qui étendait ses larges ramures. Sans doute quelques lettrés, ou bien des poètes faisaient-ils un tour du côté de l'Intelligible au terme de la dialectique ascendante que le rêve mettait en place à leur insu.
"Je cherche l'homme … Je cherche l'homme…".
Diogène, maintenant, était arrivé au dernier palier qui le reconduisait à sa condition sombrement végétative, entouré de ses chiens qui, désormais seraient ses seuls interlocuteurs. Dévisageant sa lanterne comme il l'eût fait du plus fidèle de ses compagnons afin d'y trouver une once de réconfort, le Philosophe sut, tout à coup, irrémédiablement, que son sort était scellé à cette jarre qui constituait son univers, à cette absence définitive, aussi bien de l'Homme en tant que condition suprême, que des hommes considérés à l'aune de leurs contingences.

Là, au pied de ce temple qui contenait l'image du dieu, sur les dalles de pierre, visibles métaphores d'un destin scellé d'avance, Diogène savait enfin qu'il n'avait jamais été que le seul homme sur terre, que les autres hommes n'étaient que des illusions reflétées par son esprit incandescent ou bien des ombres que sa lampe projetait sur la mur de quelque caverne. Cette célèbre "allégorie de la caverne", il la portait en lui sans même en ressentir le travail souterrain qui traversait son âme à la vitesse des comètes.
Allégorie de la caverne de Platon Livre 7 de la République

C'était comme une racine surgissant du sol qui vous emportait bien au-delà de vous. Diogène n'avait jamais brandi sa lanterne au hasard des rues, proférant sa phrase comme on élève un étendard, sans bien en saisir l'urgence.
Chercher l'homme, n'était que l'amener à briser les chaînes qui le retenaient esclave au fond de la caverne, alors que le Bien souverain, sous l'espèce du Soleil, brillait des mille feux de la connaissance, diffusait la couronne de la vérité dont les hommes devaient se saisir afin de devenir cet Homme universel dédié à la contemplation de la beauté.
Diogène, fatigué par les émotions de la journée se sustenta d'un repas frugal, s'allongea dans les plis de son tribôn, entouré de ses chiens fidèles alors que la nuit coulait autour de la jarre pareille aux hésitations de la pensée avant qu'elles ne trouve son lit. Dans le ciel, les étoiles faisaient leurs trous d'épingle; la Lune sa traînée blanche. Les songes se répandaient partout sur l'ensemble de la terre, envahissant la moindre parcelle cédée par la conscience. Les hommes, endormis, avaient renoncé à tout questionnement et leur imaginaire flottait dans le ciel comme une voile portée par les ombres prolixes de la nuit.
"Je cherche l'homme … Je cherche l'homme…".
La supplique de Diogène parcourait l'espace infini du ciel en faisant ses étoilements libres dont on ne savait plus très bien l'origine. Peut-être était-ce l'homme qui, dans un sublime face à face se posait la question à lui-même, comme si, de toute éternité une telle question n'eût jamais trouvé d'épilogue ? Peut-être était-ce, simplement, le temps qui s'interrogeait sur la place de l'homme en son sein : fugacité de l'instant ou bien mesure de l'éternel retour du même ? Ou bien l'espace cherchant un lieu dans lequel faire sens ? Ou bien Ève en quête d'Adam ? Ou bien le langage cherchant dans l'Existant une possible assise ?
Vraiment personne ne pouvait savoir et le ciel faisait tourner ses étoiles en attendant que le jour vienne clore cette éternelle énigme :
"Je cherche l'homme … Je cherche l'homme…".
Diogène gravissant les pentes qui le conduisent au sommet de la colline - cette montagne en réduction -, ne fait que franchir symboliquement les degrés qui l'amènent vers un rayonnement de l'Être, à savoir cet Homme idéal dont il combat l'idée à défaut, sans doute, de pouvoir s'en approcher. Mais, aussitôt entrevu, cet Être aveugle Diogène, lequel préfère amorcer une redescente vers de plus confortables assises, celles des hommes multiples et rassurants qui habitent les terres cultivées et les demeures de la cité. Perte de "L'Homme" afin de mieux retrouver "les hommes"...? Abandon de la Transcendance afin de mieux se confier à l'immanence ? Du reste, il est un symbole dont Diogène est l'éternel porteur, qui illustre cette constante fuite d'une vérité apparaissant à l'horizon. Ce symbole est celui de la lampe dont la faible capacité ne peut guère éclairer que les ombres alentour et révéler quelques présences proches, humaines, animales, végétales ou bien objets divers. Diogène eût-il confié sa vue à la puissance du soleil, alors se serait éclairée une vérité étendant son empire aux limites de l'univers. Le soleil illuminant la totalité, alors que la lampe ne mettait en relief que quelques fragments successifs. Finalement tout est question de regard. De regard de l'âme, cette belle disposition de l'être que nous sommes à embrasser bien plus que nos propres contours pour aller au-delà des apparences ordinaires chercher cet "Homme" que nous habitons et dont, souvent, nous nous absentons.
Diogène, mon ami, tu es comme tant d’autres, prisonniers de tes propres limites, et la lampe de ton propre savoir, grâce à laquelle tu t’efforces d’analyser tout ce qui t’entoure, ne te laisse satisfait et seulement contraint de trouver en toi même la réponse qui t’obsède.
Ne pourrais-tu pas le temps d’un instant, te saisir de cette autre Lampe, dont le poète juif, dira au Psaumes 119:105 “Ta parole est une lampe à mes pieds, et une lumière sur mon sentier.”
Ainsi éclairé, tes ombres deviendraient réalités et l’homme tant recherché t’apparaîtrait dans toute sa beauté.
Tu y découvrirais la réponse à cette question qui te taraude, en ces mots devenus si célèbres, prononcés par un gouverneur Romains de Judée : “Ecce homo!” “Voici l’homme!”
Jean 19.5 "Jésus sortit donc, portant la couronne d’épines et le manteau de pourpre. Et Pilate leur dit : Voici l’homme. "

De cette apparition émouvante du Sauveur portant son manteau de pourpre et sa couronne d’épines, se montrant ainsi au peuple dans les profondeurs de son humiliation et de ses souffrances, éclairé par le Soleil qu’il avait lui-même créé, tu aurais sans doute réalisé comme ce gouverneur de Judée qu’il n’y avait en lui aucune raison de le maltraiter. Cependant d’épine il fut couronné et son chemin de croix ensanglanté.
Pilate et ses colistiers, sur une croix, pensaient l’avoir condamné alors qu’il s’était lui-même livré, afin que des Diogène(s) puissent enfin admirer l’HOMME qu’ils avaient tant espéré et qui pour eux avait tout donné.

vendredi 16 décembre 2016

Pause réflexive sur l'Eglise d'aujourd'hui



"David Wells (1), un des analystes américains les plus remarqués du phénomène évangélique, tire la sonnette d’alarme dans le dernier de ses livres. Il remarque que le problème que les méga-Églises évangéliques ont à résoudre est celui de leur réussite due à leur adaptation à la culture hyper-capitaliste. Elles ont reproduit le modèle du Disneyland. Ces Églises ont, en quelque sorte, commercialisé la foi en créant un univers aseptisé, sécurisé et divertissant, où toute la famille, notamment bourgeoise, est à l’aise et apprécie de se trouver dans un milieu « à part », à l’abri des crises de la société et loin des malheurs du monde. Aux États-Unis, il est possible de passer toute sa vie dans des complexes ecclésiastiques où l’on peut trouver coiffeur, « resto », gymnase, disco avec le soft-rock chrétien aussi bien que la louange. La réussite des évangéliques dans ce pays tient au fait qu’ils ont su s’adapter au monde et aux valeurs de la post-modernité. Le contenu de la foi plus ou moins assurée est noyé dans la cool communication d’un message qui promet le bonheur dans cette vie et sa prolongation dans celle qui est à venir. Cette description n’a pas grand-chose à voir avec la situation et l’identité des évangéliques en France, direz-vous. Tant mieux! Pourtant, si on y regarde de près et qu’on va au-delà des apparences, on trouve des similarités remarquables. La différence est essentiellement due au fait que nos frères d’outre-Atlantique sont un peu plus avancés que nous, mais il est probable que si nous avions les mêmes moyens qu’eux, nous ferions la même chose…" [...] Vers la fin de son livre, David Wells dit que la théologie libérale du siècle dernier, en voulant se mettre au diapason du monde, en se montrant « à la page », est arrivée à l’auto-élimination. Le danger, aujourd’hui, pour les évangéliques, est comparable. Si, pour s’être adaptés à l’esprit du jour, ils perdent leur spécificité, si leur foi est délavée, diluée, ils risquent de dégrader le contenu même de la foi et, malgré leur grande vitalité, de s’autodétruire. Le résultat sera le même que celui qu’obtient la théologie critique la plus féroce." 1. D. Wells, Above all Earthly Pow’rs (Grand Rapids: Eerdmans, 2005). Wells est professeur à Gordon-Conwell Theological Seminary, près de Boston.
Paul WELLS

"Cette tension nécessaire à la production d'une vie chrétienne équilibrée est le résultat d'un côté d'une véritable eschatologie biblique (et pas juste les supputations et spéculations des marchands d'avenir versant souvent dans le catastrophisme) et de l'autre d'une connaissance biblique du passé (compréhension historique et théologique des évènements au sein d'une révélation globale) comme étant la seule source fiable et indispensable au décryptage, non seulement de l'avenir, mais donnant également un sens particulier à notre présent. Entre le 'déjà' et le 'après', nous vivons un présent qui est appelé à pouvoir lier les deux de manières cohérentes...!" Xavier LAVIE

"Le protestantisme français moderniste et pluraliste, essentiellement horizontaliste, a compromis son avenir en s’étant trop bien adapté au monde. Il se distingue de moins en moins des humanismes variés contemporains. Les évangéliques, quant à eux, qui se félicitent d’être attentifs à garder leur distance vis-à-vis du monde, risquent de subir un sort équivalent pour une autre raison. La dichotomie, la séparation, qu’ils établissent, bien souvent, entre la foi et la vie, leur foi trop subjective qui fait la part belle à l’expérience, les conduisent à accueillir, sans vraie critique, les feelings de la société et les font ressembler à ceux qui se tirent une balle dans le pied." Paul WELLS

DÉSOLE, JE SUIS SURBOOKÉ EN CE MOMENT...!
"Christ était-il surbooké au poing qu'il ne pouvait plus accorder du temps à une âme en détresse...?
Fallait-il s'inscrire sur son agenda pour espérer passer un moment en sa présence...?
Un entretien avec lui était-il limité en temps...?
En réalité, luttait-il contre le temps ou travaillait-il avec le temps...?
Quelles étaient ses notions de gain de temps et de perte de temps...? Gérait-il son temps..?
A-t-il pratiqué l'art de la délégation...? Ou faisait-il tout lui-même...?
Il y a dans ces quelques questions des réponses sans doute faciles à trouver et sans doute des leçons à apprendre. Après tout, n'est-il pas notre exemple...?" Xavier LAVIE


"La nature du salut du Christ est terriblement déformé par l'évangéliste actuel. Il annonce un Sauveur de l'enfer plutôt que d'un Sauveur du péché. Et voilà pourquoi tant de gens sont fatalement trompés, car il y a des multitudes qui souhaitent échapper à l'étang de feu qui n'ont aucun désir d'être délivré de leur charnalité et de la mondanité." Arthur W. Rose 

"Ma crainte est que devant tous les choix auxquels les gens font face aujourd'hui, celui qu'ils considèrent rarement est : «Comment puis-je servir le plus efficacement et fructueusement dans l'église locale?"
Je me demande si l'accès à l'abondance des activités d'aujourd'hui n'est pas en train de produire des disciples moins bien accomplis du Christ, en aidant les chrétiens à éviter la responsabilité à long terme et avoir un impact à moins long terme." Kevin DeYoung 

jeudi 15 décembre 2016

Zen, soyons zen






Dans le monde qui nous entoure, on dit souvent qu'il faut être zen.
Le zen est une branche de bouddhisme qui insiste sur un certain type de méditation.
Il s'agit de noyer son moi dans une absence de tensions et de volonté.
Si je me débarrasse de mon ego et de ma volonté propre, si je perds la conscience du fait que j'existe comme un être à part entière et si je renonce à vouloir, à désirer, je me débarrasse des tensions psychologiques, des tensions nerveuses, du stress.
Cette conception n'est pas du tout celle du Christianisme.
Pour nous il n'est bien sûr pas question de dissoudre l'ego ni de renoncer à tout désir et à toute volonté propre.
Le concept que l'on oppose généralement à la paix intérieure, c'est le stress.
On reproche beaucoup aux autres ou à soi-même d'être stressé.
Ce reproche peut prendre une tournure religieuse : un Chrétien habité par l'Esprit Saint ne devrait pas être stressé.
Le mot «stress» est un néologisme, un terme médical apparu dans les années 1950 et rentré dans le vocabulaire courant des Français dans les années 1970.
Le stress (mot anglais qui vient du français «détresse») est, en biologie, l'ensemble des réponses d'un organisme soumis à des pressions ou contraintes de la part de son environnement.
Naguère on disait que l'on avait le trac, la boule au ventre, que l'on était angoissé ou anxieux.
Il y a donc des tas de situations où il est parfaitement normal d'être «stressé», normal que notre organisme réponde physiquement à des pressions ou contraintes de la part de l'environnement comme la maladie, un danger imminent ou la perspective d'un événement désagréable; légitime d'avoir le trac, d'être anxieux, d'avoir la boule au ventre.
En revanche le stress peut devenir chronique: nous sommes parfois en état de détresse psychologique de façon continue, des jours ou des mois durant.
Il nous appartient de trouver des solutions spirituelles voire médicales mais il n'y a pas lieu de culpabiliser.
On peut avoir «la boule au ventre» pour des tas de raisons qu'il nous appartient de confier au Seigneur. Bien souvent il nous appartient aussi de faire face à la situation qui provoque cette détresse en prenant les bonnes décisions, en agissant de façon adéquate.
Parfois, notre angoisse semble n'avoir aucune cause réelle, et elle perdure.
Dès lors il y a un problème à régler, spirituellement d'abord.  
Dieu prévoit un grand nombre de remèdes à l'angoisse:  la confiance, la pratique de la présence de Dieu, la prise de conscience de son amour, la sanctification, la communion fraternelle, le culte.
Un Chrétien qui souffre d'angoisses chroniques ne doit pas culpabiliser, ni négliger un éventuel traitement médical, mais n'oublions pas que Jésus est le meilleur médecin.
Utilisons les moyens de grâce que Dieu met à notre disposition, vivons comme il nous le demande, fréquentons des personnes de bonne compagnie que partagent nos convictions, laissons la Parole et la présence de Dieu transformer notre compréhension du monde, selon ce qu'elle appelle le «renouvellement de l'intelligence».
Le remède prescrit ici par l'Écriture, par la plume de Paul, consiste à  remplir nos pensées de choses qui glorifient Dieu.
Il me semble que ce thème est peu abordé dans nos Églises.
Ne ressassons pas les causes de tracas, les mauvaises nouvelles.
Ne polluons pas nos esprits et nos pensées par des images ou des propos entachés par le péché, bien que ce soit si facile dans le monde où nous vivons.
Mettons une garde à nos yeux et à nos cerveaux.
Nourrissons-nous de ce qui est  honorable, juste, pur, aimable, vertueux, digne d'approbation et de louange.
Nous devons être préoccupés en toute circonstance par ce qui plaît à Dieu.
Lorsque nous sommes confrontés à des choses qui vont dans le sens inverse, sachons les confier au Seigneur et les mettre à l'écart.
L'esprit du monde ne doit pas remplir notre esprit.

 Extrait d'un message de  Frédéric Maret
Idées cadeaux
 

Livre : Gérer le stress au travail de Samuel Pfeifer
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Base gonflable à picots pour développer l'équilibre et la conscience de son corps.


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mercredi 14 décembre 2016

Quelle grâce !




Certains voient Dieu nulle part parce qu'ils sont aveuglés, d'autres quelque peu myopes ne voient Dieu que dans les miracles et les prodiges qu'Il peut accomplir et oublient la grâce qui  sauve les élus, les sanctifie et les ressuscite. De surcroit, ils oublient aussi la grâce commune qui  limite le pouvoir destructeur du péché, maintient dans une certaine mesure l'ordre moral de l'univers permettant ainsi à une vie ordonnée de se développer, distribue divers dons et talents parmi les humains, promeut le développement de la science et des arts, et déverse de nombreuses bénédictions sur les enfants de l'humanité." La grâce commune revêt quatre aspects :
  • le soin providentiel pour la création - ou divine providence - est une grâce accordée à tous. Même des parents païens participent sans le savoir à cette divine providence en nourrissant leurs enfants.
  • l'endiguement providentiel du péché : ainsi que l'enseigne l'apôtre Paul, les "autorités supérieures" ont été instituées par Dieu pour maintenir l'ordre. Instruments faillibles de la grâce commune, les gouvernements civils sont cependant dénommés par l'apôtre Paul les "ministres de Dieu". Dieu intervient aussi parfois au travers des circonstances pour limiter les effets de leurs péchés.
  • la conscience humaine : par l'effet de la grâce commune, l’humanité déchue dispose d'une conscience qui lui indique la différence entre le bien et le mal.
  • les bénédictions providentielles de l'humanité : les progrès de l'humanité (techniques, médicaux, ou autres...) sont vus comme des effets de la grâce commune.
En bref, la grâce commune est la marque du soin que Dieu prend de sa création, permettant à la société de rester vivable malgré le péché qui règne sur les humains.

mardi 13 décembre 2016

Time

 Nous vivons dans un monde réglé par le temps : 60 secondes dans 1 minute ; 60 minutes dans 1 heure ; 24 heures dans 1 journée ; 7 jours dans 1 semaine ; 365 jours dans 1 année. Quoi que nous fassions, nous n'échappons pas à l'influence du temps. On prend souvent le temps pour acquis mais je voudrais remercier l'auteur inconnu qui a écrit le message inspiré suivant, nous offrant une perspective intéressante sur la valeur du temps :
* Pour réaliser la valeur d'une année : demandez-le à un étudiant qui vient juste de rater son examen final
* Pour réaliser la valeur d'un mois : demandez-le à une maman qui vient de mettre au monde un bébé prématuré
* Pour réaliser la valeur d'une semaine : demandez-le à l'éditeur d'une revue hebdomadaire
* Pour réaliser la valeur d'une journée : demandez-le à un travailleur journalier qui doit nourrir ses 10 enfants
* Pour réaliser la valeur d'une heure : demandez-le aux amoureux qui attendent leur rendez-vous
* Pour réaliser la valeur d'une minute : demandez-le au voyageur qui partait pour une longue destination et qui vient de rater son avion, son train ou son autobus
* Pour réaliser la valeur d'une seconde : demandez-le à quelqu'un qui vient juste d'éviter une collision frontale en voiture
* Pour réaliser la valeur d'un millième de seconde : demandez-le au sprinter des Jeux Olympiques qui vient d'arriver 2e et ne récolter que la médaille d'argent
L'importance des vertus liées aux temps – comme par exemple la rapidité ou la ponctualité – varie d'une culture à l'autre. Cependant, que nous vivions au Mexique ou en Roumanie, en Irak ou au Brésil, en Corée ou aux USA, il n'en reste pas moins que plusieurs certitudes vis à vis le temps nous affectent tous, sans discernement : on ne peut pas épargner le temps. On ne peut pas non plus acheter du temps additionnel. Quelle que soit la journée, elle ne contient que 24 heures pour chacun d'entre nous. Nous avons tous un nombre limité de jours à vivre sur cette terre. Et pour cette raison, que ce soit en participant à une réunion, en travaillant seul sur notre ordinateur, en famille ou avec des amis à la maison, ou en pratiquant notre activité favorite… il nous faut toujours garder à l'esprit que nous devrions être de bons gestionnaires du temps dont nous disposons. Le temps perdu, on ne le retrouve jamais.
Dans cet ordre d'idée, l'apôtre Paul  exhortait ses lecteurs pour qu'ils saisissent toutes les opportunités qui se présentaient à eux : « Mettez à profit les occasions qui se présentent à vous, car nous vivons des jours mauvais » (Ephésiens 5 ; 16)
 Pour réaliser la valeur d'une vie, posez-vous la question : « Qu'ai-je fait de Jésus, celui qu'on appelle le Christ ? ». Je crois que c'est une excellente question parce que la plupart des choses que l'on fait quotidiennement a si peu d'impact – voire aucun – sur l'éternité. Jésus a dit : « Moi, je suis venu afin que les hommes aient la vie, une vie abondante » (Jean 10 ; 10)
Si nous voulons utiliser le temps dont nous disposons de la façon la plus productive, nous devons nous concentrer sur nos priorités. Jésus a dit : «Faites donc du règne de Dieu et de ce qui est juste à ses yeux votre préoccupation première, et toutes ces choses vous seront données en plus » (Mathieu 6 ; 33)
Extrait et adapté de 'The Challenge', écrit et publié par Robert D. Foster et Rick Foster. - Traduit par
Michaël Foucault, consultant en stratégie d'entreprise français.
© MANNE DU LUNDI est un article hebdomadaire de CBMC INTERNATIONAL, un ministère
évangélique à but non lucratif qui a pour objet de servir les gens d’affaires et les professionnels qui
veulent suivre Jésus, de présenter Jésus-Christ en tant que Seigneur et Sauveur auprès des autres
gens d’affaires et professionnels.
Robert D.Foster
 
 Ce chant juste parce que c'était notre chant lorsque nous étions adolescents... et qu'il débute par "Time, it needs time... "

Glaner ou moissonner ?



 
Lévitique 23. 22  "Quand vous ferez la moisson dans votre pays, tu laisseras un coin de ton  champ sans le moissonner, et tu ne ramasseras pas ce qui reste à glaner. 
Tu abandonneras cela au pauvre et à l’étranger. Je suis l’Eternel, votre  Dieu."
Matthieu 9.37-38  "Jésus dit à ses disciples: La moisson est grande, mais il y a peu  d’ouvriers. Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers dans sa moisson."

Introduction
Au temps du ministère de Christ, le cycle économique d’Israël était centré sur l’agriculture et la moisson était donc une activité continuelle au fil des années. 
La moisson du lin et de l’orge avait lieu en Avril-Mai, celle du blé, six semaines plus tard en Juin-Juillet.
Les pommes, les figues, les amandes, et les premiers raisins étaient récoltés en Juin.
Les olives, les dattes, et les figues d’été étaient moissonnées en Août et en Septembre, les grenades et les pistaches en Octobre.
Les olives au nord de la Galilée et les figues d’hiver étaient récoltées en Novembre. 
Non seulement la moisson était le centre de l’économie, mais elle était également le cœur du système religieux en Israël, car les trois principales fêtes religieuses que Dieu avait établies pour son peuple se rapportaient à la moisson.
La Pâque avait lieu dans la saison de la récolte de l’orge. Sept semaines plus tard, au moment de la moisson du blé, avait lieu la fête de la Pentecôte et la fête des tabernacles était observée le septième mois qui était la période de la récolte des fruits.
Chez les israélites, tout tournait autour des moissons : leur travail, leur économie, leur calendrier et leurs fêtes religieuses.
Dieu avait déterminé ces choses avant même que son peuple n'entre en Canaan et cultive cette terre promise, et Jésus a encore employé des paraboles relatives à la moisson et aux cultures lorsqu'il a voulu donner des leçons spirituelles à ses disciples.
Une leçon spirituelle nous est aussi relatée dans l'Ancien Testament, à travers l'histoire d'une jeune étrangère à Israël qui a trouvé grâce aux yeux de Dieu et est devenue l'arrière grand-mère du roi David : c'est Ruth.

1. Les glanures de l'étranger
Le livre de Ruth commence par raconter la vie d'Elimélech et de Naomi à l'époque des Juges.  Pour fuir la famine qui sévissait en Israël, ils avaient quitté la ville de Bethléem et émigré dans le royaume voisin à Moab, mais au lieu de trouver la paix et l'abondance tant attendue, cette famille a rencontré de grandes difficultés : le père et ses deux fils sont morts, laissant trois veuves démunies de tout. Naomi décida donc de rentrer à Bethléem et sa belle fille nommée Ruth, l'a suivie, disant cette célèbre phrase :
Ruth 1.16 "J'irai où tu iras, où tu demeureras je demeurerai ; ton peuple sera mon  peuple, et ton Dieu sera mon Dieu."

Arrivées à Bethléem, Ruth a proposé à sa belle mère d'aller glaner quelques gerbes d'orge afin de pourvoir à leurs besoins. Sans doute, Ruth avait appris que selon la loi instituée par Dieu, les juifs devaient laisser les étrangers et les pauvres glaner dans leurs champs.

Ruth 2.2-3  "Ruth la Moabite dit à Naomi: Laisse-moi, je te prie, aller glaner des  épis dans le champ de celui aux yeux duquel je trouverai grâce. Elle  lui répondit: Va, ma fille. Elle alla glaner dans un champ, derrière les moissonneurs."

En tant qu'étrangère, Ruth ne pouvait pas moissonner pour recevoir un salaire, mais elle pouvait glaner pour subsister.
Les personnes étrangères au Royaume de Dieu, celles qui ne sont pas encore nées de nouveau et qui viennent à l'église écouter la Parole de Dieu, sont comme Ruth.
Elles glanent quelques subsistances spirituelles qui les nourrissent quelque peu...
Elles ne sont pas "connectées" à la source divine leur apportant la vie et le pain en abondance, mais elles peuvent profiter de quelques glanures, au gré de leur faim spirituelle.

Ruth 2.15-17  " Booz donna cet ordre à ses serviteurs : Qu’elle glane aussi entre les gerbes, et ne l’inquiétez pas, et même vous ôterez pour elle des gerbes quelques épis, que vous la  laisserez glaner, sans lui faire de reproches. Elle glana dans le champ jusqu’au soir, et elle battit ce qu’elle avait  glané. Il y eut environ un épha d’orge."

Ruth ne pensait, à ce moment, qu’elle deviendrait bientôt l'épouse du Seigneur à qui appartenait le champ dans lequel elle allait glaner. Pleine d'humilité, la seule chose qu'elle se serait permis d’espérer, c'est de devenir l'une de ses servantes. Elle était déjà pleinement heureuse des paroles bienveillantes de Booz qui avaient consolé son cœur.
Booz ne l'a d'ailleurs pas traitée autrement qu'une étrangère, même s'il était un maître plein de bonté et de délicatesse. Il lui permit en effet de manger parmi ses serviteurs et leur ordonna de laisser la jeune femme glaner au milieu même des gerbes et de lui abandonner, comme par mégarde, quelques poignées d’épis ; c'était une manière aimable de lui taire l’aumône sans la blesser.

Plus tard, en Israël, une cananéenne eut cette même attitude en venant chercher auprès de Jésus la délivrance de sa fille possédée ; elle était prête à se contenter des miettes tombées de la table du Roi et n'espérait pas davantage, puisqu'elle était étrangère à Israël.

Matthieu 15.27  "Oui, Seigneur, dit-elle à Jésus, mais les petits chiens mangent les miettes qui  tombent de la table de leurs maîtres."

Ruth et cette cananéenne étaient étrangères aux alliances de la promesse divine. 
Elles reconnaissaient qu'elles sont misérables et indignes de la grâce divine, et qu'elles n'avaient aucun droit ni aucun mérite.
Avant même de pouvoir profiter de l'abondance des bénédictions divines, chacun doit aussi mesurer son indignité, sa misère et la grandeur de la grâce offerte par Dieu.

Heureux sont qui prennent conscience de leur misère spirituelle et qui ont faim de Dieu ; ils seront rassasiés !
Jean 6.35  "Jésus leur dit: Je suis le pain de vie. Celui qui vient à moi n’aura  jamais faim, et celui qui croit en moi n’aura jamais soif."

D’habitude, la récolte d’un glaneur, après une longue journée de travail sous un soleil brûlant, n’était pas abondante, car il ne prenait que de quoi manger pour la journée.
Mais Ruth avait si faim et Booz fut si bienveillant, qu'elle battit près d’un épha d’orge c'est-à-dire environ 30 kg de grains.
Quand elle rapporta à Naomi le grain déjà grillé que les serviteurs lui avait donné et les 30 kg de grains qu'elle avait ramassés, la vieille israélite reconnut là une grâce particulière et s'en réjouit.

Etes-vous conscients et reconnaissants de la grâce divine ?
Réalisez-vous que vous ne méritez rien et que ce que Dieu vous accorde n'est que grâce ?

Autant vous aurez faim et soif de Dieu et non seulement de ses bienfaits, autant sa grâce abondera en votre faveur !

Reconnaissante envers Booz, Ruth ne se contenta pas des 30 kg d'orge, mais elle retourna au champ pour y glaner encore et encore, jusqu'à ce que le maître riche et bienveillant lui accorde le droit de rachat et fasse d'elle son épouse.
Selon la coutume en Israël, on devait en effet faire revivre le nom du défunt en le rétablissant dans son héritage et cette tâche incombait à son plus proche parent.
Au chapitre 4 (dernier chapitre du livre de Ruth), nous pouvons lire que la jeune femme, sur les conseils de sa belle mère (image du Saint Esprit), s'était reposée aux pieds de Booz (image de Jésus), en attendant de goûter la récompense de sa foi.
La grâce de Dieu, trouvée en Booz, a racheté Ruth, elle a fait d'elle une israélite et lui a fait prendre place dans la généalogie du Seigneur Jésus.

Ce récit ne donne qu'une faible image du rachat que Christ a fait à notre égard :
1 Pierre 18-19 "...Ce n’est pas par des choses périssables, par de l’argent ou  de l’or, que vous avez été rachetés de la vaine manière de vivre que vous aviez héritée de vos pères, mais par le sang précieux de Christ..."

En nous rachetant par son sang précieux, Christ nous fait entrer dans la famille de Dieu et dans son Royaume...

2. Les ouvriers dans la moisson
En étant rachetée par Booz, Ruth est devenue son épouse et en tant que telle, elle n'avait plus à glaner dans les champs de son mari pour subsister.
De la même façon, les personnes nées de nouveau et rachetées par le sang de Jésus ne doivent pas se comporter comme des mendiants à la table du Roi des rois, ni comme des étrangers qui glanent ici et là quelques nourritures spirituelles.
Tout comme le fils prodigue l'a lui-même reconnu, ils doivent savoir par expérience qu'il y a du pain en abondance dans la maison du Père !
Seuls ceux qui se sont éloignés de Dieu meurent de faim dans le péché et le désert spirituel.
Luc 15.17 "Etant rentré en lui-même, il se dit: Combien de mercenaires chez mon père  ont du pain en abondance, et moi, ici, je meurs de faim!"

Non seulement, les enfants de Dieu (ou l'épouse de Christ) ne doivent pas se contenter des glanures comme s'ils étaient des étrangers ou des mendiants, mais ils peuvent bénéficier jour après jour de l'abondance de la maison de leur Père et travailler dans ses champs pour y récolter une grande moisson.

En examinant la foule, Jésus Christ, le Seigneur de la moisson, déclara à ses disciples : La moisson est grande. 
Il ne s’agissait pas d’une récolte d'orge ni de blé, mais d’une abondante moisson d'êtres humains qui devaient être rachetés et engrangés dans le Royaume de Dieu.
La moisson représente chez les Juifs le jugement final de l’humanité, c'est pourquoi Jésus veut que ses disciples partent en grand nombre annoncer que le Royaume vient et qu’ils invitent les gens à une conversion qui porte du fruit.
Le problème, c'est qu'il y a peu d’ouvriers !  

Les disciples de Jésus savaient que lorsqu’une récolte était mure, elle devait être moissonnée immédiatement sinon elle allait pourrir sur pied.
De la même façon si la moisson est abondante et qu’il n’y a pas assez d’ouvriers disponibles pour la récolter, la culture va se perdre.
Dans Jean 4.34-36, Jésus a dit à ses disciples : "Ma nourriture est de faire la volonté de celui qui m’a  envoyé, et d’accomplir son œuvre. Ne dites-vous pas qu’il y a encore quatre mois jusqu’à la moisson? Voici,  je vous le dis, levez les yeux, et regardez les champs qui déjà blanchissent  pour la moisson. Celui qui moissonne reçoit un salaire, et amasse des fruits pour la vie  éternelle, afin que celui qui sème et celui qui moissonne se réjouissent  ensemble."

Plusieurs croyants passent leur vie entière à parler de la moisson.
Ils sont comme une équipe d’ouvriers essayant de moissonner tout en restant assis dans une grange.
Ils vont à la grange (l'église) une ou plusieurs fois par semaine, ils étudient de meilleures et plus grandes techniques d’agriculture, ils aiguisent leurs faucilles, puis retournent à leurs occupations personnelles, sans jamais entrer dans le champ du Seigneur pour y moissonner.

Il ne suffit pas d'entendre parler de la moisson, mais il faut s'impliquer concrètement dans la moisson. Cela ne signifie pas que tout le monde doit quitter son travail, et devenir pasteurs ou prédicateurs. Les ouvriers de la moisson ne sont pas seulement des pasteurs ou des évangélistes, mais chaque croyant doit être impliqué dans la moisson là où il vit, là où il travaille, afin d'annoncer la bonne nouvelle de Jésus Christ. .
Vous ne pouvez pas retarder la moisson par vos négligences ou votre manque de perspicacité spirituelle ; si Jésus dit que la moisson est blanche, c'est que le moment est venu de récolter.
Des âmes se meurent dans le péché maintenant, et pour beaucoup demain sera trop tard.

Joël 3/13-14: "Saisissez la faucille, car la moisson est mûre! Venez, foulez, car le pressoir est plein, les cuves regorgent! Car grande est leur méchanceté, c'est une multitude, une multitude, dans la vallée du jugement; Car le jour de l'Éternel est proche, dans la vallée du jugement. "

Les yeux des disciples étaient distraits à cause de toutes leurs occupations quotidiennes et de leurs préoccupations légitimes. Ils se contentaient de quelques glanures ou "s'empiffraient" égoïstement des paroles de leur maître, mais ils ne voyaient pas que la moisson était mure et qu'ils devaient faire preuve de courage et d'abnégation pour se lancer dans le champ de Dieu et y moissonner.

Alors Jésus leur a dit : "Levez les yeux..."
Vous devez en effet lever les yeux de votre nombril, de votre confort, de vos problèmes personnels, de vos découragements, de vos occupations et de vos soucis pour regarder la moisson.
Plus vous vous concentrez sur vous-mêmes et plus vous êtes distraits en ce qui concerne la volonté de Dieu et le bon chemin à suivre.
Psaumes 37.4  "Fais de l’Eternel tes délices, et il te donnera ce que ton cœur désire."
Matthieu 6.33  "Cherchez premièrement le royaume et la justice de Dieu; et toutes ces  choses vous seront données par-dessus."

Alors, non seulement vous devez réellement regarder la moisson, mais vous devez aussi la voir à travers les yeux de Dieu.
Beaucoup n’ont pas de vision spirituelle parce qu’ils n’ont pas vraiment regardé.
Ils n’ont pas reconnu leur responsabilité personnelle concernant la moisson.

- Vous ne devez pas seulement en parler.
- Vous ne pouvez pas la retarder en faisant preuve de procrastination.
- Vous devez lever vos yeux des distractions du monde vers les champs de moisson.
- Vous devez regarder les champs du monde à travers les yeux de Dieu.
- Vous devez écouter ce que Dieu vous dit et relever le défi qu'il vous lance.

Conclusion
N'oublions jamais que c'est par pure grâce que Dieu nous a rachetés, car nous sommes tous des pécheurs privés de la gloire de Dieu. Nous ne méritons rien !
N'oublions pas non plus que si nous demeurons loin de celui qui nous a tant aimés, nous mourrons encore de faim, tout comme le fils prodigue qui se nourrissait des carouges.
Comment pouvons-nous nous contenter de la nourriture des cochons loin de notre Père, alors que nous savons qu'il y a une abondance de biens en sa présence ?

Si vous êtes étrangers du Royaume de Dieu et que vous reconnaissez votre misère et votre faim spirituelle, repentez-vous et venez dans la présence de celui qui étendra son manteau sur vous et vous comblera de ses bienfaits !
Si vous êtes un enfant du Roi qui s'est éloigné de la maison de son Père, repentez-vous comme le fils prodigue l'a fait. Reconnaissez votre folie, votre misère et votre besoin de dépendre tout à nouveau de votre Père et il vous pardonnera, vous restaurera...

2 Timothée 2.15-16 PVV "Applique-toi à rester irréprochable. Que ton ambition soit de pouvoir te présenter devant Dieu en homme digne d’approbation. Efforce-toi d’être à ses yeux un bon ouvrier qui n’a pas à rougir de son ouvrage, n’ayant jamais dévié du droit chemin dans l’annonce de la parole de vérité, un intendant qui a dispensé cette parole avec droiture en la communiquant à chacun selon ses besoins"

Si tout comme Ruth, vous avez été racheté grâce à l'amour et la bienveillance de votre Seigneur, si comme elle, vous bénéficiez de sa protection et de l'abondance de sa maison, ne conservez pas jalousement les éphas de bénédictions qui vous sont offerts.
Partagez-les, semez et récoltez, moissonnez et engrangez dans le Royaume de votre Père.

1 Corinthiens 9.10  " Il a été écrit que celui qui laboure doit labourer avec espérance, et celui qui foule le grain doit fouler avec l’espérance d’y avoir part."

Si un bœuf a le droit d’obtenir une récompense pour son travail, à plus forte raison les moissonneurs d'hommes en ont-ils aussi le droit !

2 Corinthiens 9.9-15 " Et Dieu peut vous combler de toutes sortes de grâces, afin que, possédant  toujours en toutes choses de quoi satisfaire à tous vos besoins, vous  ayez encore en abondance pour toute bonne œuvre, selon qu’il est écrit: Il a fait des largesses, il a donné aux indigents;  Sa justice subsiste à jamais. Celui qui Fournit de la semence au semeur, Et du pain pour sa nourriture,  vous fournira et vous multipliera la semence, et il augmentera les fruits  de votre justice. Vous serez de la sorte enrichis à tous égards pour toute espèce de  libéralités qui, par notre moyen, feront offrir à Dieu des actions de  grâces. Car le secours de cette assistance non seulement pourvoit aux besoins  des saints, mais il est encore une source abondante de nombreuses actions  de grâces envers Dieu. En considération de ce secours dont ils font l’expérience, ils glorifient  Dieu de votre obéissance dans la profession de l’Evangile de Christ, et  de la libéralité de vos dons envers eux et envers tous; ils prient pour vous, parce qu’ils vous aiment à cause de la grâce éminente  que Dieu vous a faite. Grâces soient rendues à Dieu pour son don ineffable!"

Message prêché par Xavier Lavie le 12 décembre 2016

Creuser d’anciens puits

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