mardi 9 septembre 2014

Speedlife





Auteur : Stacy Wiebe
 
L’autre jour, ma belle-mère et moi avons échangé des anecdotes.
Son histoire ressemblait à ça:
C’était un jour hyper occupé pour Joyce.
En plus des taches habituelles – chercher une adolescente à l’école, aider son mari dans la direction d’un groupe d’appartements et essayer de faire toutes les tâches ménagères. 
Pendant que la soupe mijotait, elle prit une douche rapide et se changea.
En sortant, elle fourra un T-shirt et un pull dans un sac en plastique et attrappa un autre sac en plastique contenant de la litière pour chat afin de le mettre à la poubelle en bas.
Après avoir éteint le feu pour la soupe, elle se dirigea vers la maison de sa fille Carolyn pour l’aider à terminer quelques travaux dans la maison.
Quand Joyce voulut se changer et mettre ses vêtements de travail, elle ouvrit le sac en plastique et découvrit un sac de litière usagée pour chat.
Son t-shirt et son pull étaient sans aucun doute dans une poubelle à l’autre bout de la ville.
Entraînée par le rire contagieux de Joyce, je trouvais le courage de confesser ma propre mésaventure.
Ironiquement, ma bêtise la plus récente avait aussi pour origine un sac en plastique.
Pendant mon heure de déjeuner, j'avais couru au centre commercial pour poster une lettre, prendre du linge chez le teinturier, rendre des livres à la bibliothèque, acheter un cadeau et chercher quelques journaux et magazines pour un projet que je devais faire au travail.
J’étais presque à la fin de mon heure de déjeuner (excepté la partie déjeuner elle-même) quand je voulus payer les journaux.
Je cherchai alors mon sac à main. Il n’y était pas!
Je retournais en courant à la poste qui était le dernier endroit où j’avais été.
A mi-chemin, je sentis quelque chose sous mon bras… le journal que je n’avais pas payé!
Presque immédiatement, je décidais que mon sac à main était plus important.
Mais si j’étais arrêtée pour vol à l’étalage?
Je m’arrêtai paralysée un instant, puis repartis, en surveillant les gardiens de sécurité équipés de menottes.
Ensuite, sans raison, je fouillai dans le sac en plastique que j’avais à l’autre main.
Il contenait le cadeau que j’avais acheté… et mon sac à main!
Je ne pense pas que les fabricants de sacs en plastiques puissent être accusés de quelque manière que ce soit pour ces mésaventures.  
Ma belle-mère et moi avons été d’accord pour reconnaître que ces choses étaient arrivées simplement parce que nous étions trop occupées.
 
Nous voulions faire trop de choses en trop peu de temps.
Cela ne vous est-il jamais arrivé?
Je connais très peu de femmes qui vivent aujourd’hui des vies simples.
La plupart d’entre nous jongle avec de multiples rôles: maison, travail, famille, amis, vie associative.
Quand je rencontre des femmes de ma connaissance et leur demande comment elle vont, la réponse la plus fréquente n’est pas “Bien, merci,” mais, “Occupée, très occupée”.
 
Qu’y a-t-il de mal à être occupé?
 Rien du tout. Il n’y a rien de mal à vivre pleinement, à avoir des vies productives et à relever de nouveaux défis.
Comme l’a dit le pionnier des recherches sur le stress Hans Selye, “Le stress est le piment de la vie”.
Mais quelque fois les choses peuvent devenir trop pimentées!
 
Je pense qu’il y a trois sortes de vies occupées:
  • Les activités que l’on est capable de faire dans la vie quotidienne, les surplus d'activités saisonnières et les surplus d’activités permanents. La première sorte, c’est le piment de la vie. Les activités que l’on peut faire au quotidien sont revigorantes et gérables. Ce genre d’activisme est sain. Les journées remplies de joie et de signification sont des journées remplies d’activités, de moments de détente et de jeux.
  • Les surplus d’activités viennent sous forme de coups de collier: projets importants, crises et obligations découlant des diverses étapes de la vie: les efforts demandés aux étudiants, le démarrage d’une carrière ou les contraintes des parents d’enfants d’âge préscolaire. C’est le genre d’activisme que nous devons en général simplement assumer, comme par exemple quand nous nous retrouvons en train de nous occuper d’un être cher en mauvaise santé. Nous savons qu’après avoir traversé cette période-là  les choses ralentiront.
  • Le surplus d’activité permanent, en revanche, peut vraiment vous griller. Le psychologue Bryan Robinson dit que “Quand vous découvrez que vous ne vivez plus votre vie et que votre style de vie est de train de vous contrôler au lieu d’être contrôlé par vous, alors vous savez que vous avez un problème.” La plupart d’entre nous se retrouvent en situation de surplus d’activité permanente – débordement – bien plus souvent que nous voudrions l’admettre.
Les répercussions
Trop faire, trop courir, trop aider et trop donner peuvent avoir le dessus sur nous, physiquement, émotionnellement et spirituellement.
La plupart des livres médicaux attribuent entre 50 et 80 pour cent de toutes les maladies à des causes reliées au stress.
Quand je suis vraiment occupée, j’en viens rapidement à faire des impasses sur trois grands domaines qui sont le sommeil, l'exercice et la nourriture saine.
 
Trop d’activité a aussi un effet destructif sur le mental.
Irritabilité, frustration, colère, amertume, surmenage et même dépression peuvent en découler.
En cherchant à servir les autres, nous négligeons souvent nos propres besoins et perdons nos ressources intérieures d’où nous tirions notre force.
Nous devenons spirituellement affamés.
Nous sommes tellement occupés à faire, que nous ne prenons pas le temps de nous demander si ce que nous faisons en vaut la peine.
Et quand nous en acceptons trop, nous nous dirigeons droit vers l’échec, en nous retrouvant incapables de poursuivre jusqu’au bout, puis en nous complaisant dans la culpabilité.
 
Trop d’activités affectent inévitablement nos relations.
Nous n’avons souvent pas l’énergie ou le temps nécessaire pour nous investir auprès de nos amis et de notre famille.
L'activité peut devenir un substitut à l'intimité.
Et nous pouvons bien nous retrouver avec l’impression d’être davantage des robots que des êtres humains.
 
Il existe une manière très simple pour récapituler les excès de trop d’activité: 
Les choses qui sont importantes – notre santé, notre mental et nos relations – sont misent de côté au bénéfice de ce qui est immédiat et urgent.

Les choses qui demandent notre attention MAINTENANT reçoivent plus d’attention que les choses qui nous intéressent le plus.
Les personnes exigeantes, les requêtes de dernière minute, les coups de téléphone importuns et les réponses aux demandes des autres orchestrées par la culpabilité, nous obligent à réagir constamment et à nous concentrer sur la survie plutôt que sur la vraie vie.
 
Qu’est ce qu’il y a derrière notre “trop d’activité” ?
Dans notre culture, l’activisme est une vertu.
Nous admirons les gens qui sont capables d’assumer des charges de travail gigantesques.
L’efficacité, c’est-à-dire l’habilité à faire plus en moins de temps, est une des valeurs les plus estimées aujourd’hui.
On appelle ça le modernisme.
Il n’y a aucun doute sur le fait que le modernisme a rendu tolérable bien des tâches ordinaires de la vie.
Mais il y a une programmation subtile qui s’opère en même temps.
Il n’en faut pas beaucoup pour que nous conduisions nos vies comme nous conduisons nos voitures – trop vite.”
La technologie moderne est une autre cause de notre activisme.
Alors que la technologie nous avait promis plus de temps libre, en réalité il devient plus difficile pour nous de nous détendre.
Les téléphones portables, les télécopieurs et les ordinateurs portables nous permettent de faire quelque chose à chaque minute de la journée.
 
Mais blâmer la société et la technologie pour notre activisme permanent ne s’attaque pas à la racine du problème: nous-mêmes.
Nous nous retrouvons souvent à bout de souffle à cause des attentes irréalistes que nous avons de nous-mêmes, du désir de nous sentir importants et utiles et de notre besoin de sécurité.
Quelquefois, c’est notre perfectionnisme qui nous pousse à trop en faire.
Nous pensons que répondre non à une demande est un signe de faiblesse; bien sûr que nous pouvons trouver le temps pour une chose de plus!
Nous sommes souvent motivées par une faible estime de nous-mêmes et nous pensons alors que plus nous faisons, plus nous allons nous sentir bien avec nous-mêmes.
 
Penser que nous sommes la seule personne capable de le faire est très valorisant.
Nous choisissons peut-être nos activités parce qu’elles nous paraissent valables et qu’elles feront bien dans un curriculum vitæ.
D’autres fois, nous choisissons de faire des choses pour les autres parce que nous voulons nous sentir utiles, comme par exemple quand nous savons très bien que nos enfants peuvent préparer eux-mêmes leurs déjeuners, et ils veulent même le faire, mais nous le faisons quand même.
Trop souvent, nous prenons sur nous-mêmes pour être sûrs que tout le monde , dans notre vie, est heureux.
Nous cédons à des sentiments de culpabilité: “Quelle horrible personne je suis à ne pas proposer mon aide! Je n’ai vraiment pas d’autre solution que de faire ça.”
 
Une des premières choses que nous pouvons faire pour contrôler l’activisme dans nos vies est de nous rendre compte que nous avons la possibilité de choisir et que si nos journées sont trop remplies, c’est parce que nous les remplissons trop par notre propre volonté.
 
Tenir en échec le “trop d‘activité”
 Organisez votre vie!
C’est la solution qui nous est le plus souvent offerte pour maîtriser le “trop d’activité” .
Je crois que les principes de la gestion du temps et du stress peuvent aider, mais ils ne traitent souvent que les symptômes au lieu de s’attaquer aux vrais problèmes.
 
Si nous sommes trop occupées, notre réel besoin n’est pas d’apprendre comment trouver une petite place supplémentaire dans nos vies — vivre plus efficacement — mais plutôt de refocaliser nos vies sur ce qui est le plus important — vivre plus authentiquement.
 
Qu’est-ce que nous valorisons le plus?
Prenez quelques instants pour y penser.
Demandez-vous ce que vous voulez faire et être dans votre vie.
Examinez les différents rôles que vous jouez: de quoi aurait l’air le meilleur de “vous” dans ces différents domaines? Ecrivez tout ce qui vous vient à l’esprit et encerclez les thèmes communs.
Ensuite, résumez en quelques phrases les qualités que vous voulez que votre vie reflète et les contributions que vous voulez faire.
Vous avez ainsi la déclaration du but de votre vie.
Affichez-la là où vous la verrez souvent.
C’est un outil puissant  qui vous permettra de décider où investir votre temps et votre énergie.
 
En plus de la formulation générale d’un but, nous devons avoir des objectifs.
Particulièrement si vous êtes très occupés, vous ne pouvez pas vous permettre de ne pas en avoir.
Vivre sans objectifs, c’est comme lancer des flèches en l’air sans avoir l’assurance qu’une seule d’entre elles va toucher le but.
Servez-vous de votre formulation du but de votre vie pour établir des objectifs annuels — objectifs concrets et mesurables que vous pouvez faire pour devenir le genre de personne que vous voulez être.
Ensuite partagez vos objectifs annuels en douze objectifs réalisables en un mois.
Affichez vos objectifs dans un endroit important pour vous et  à chaque fois que vous prévoyez vos activités quotidiennes, servez-vous en pour décider si oui ou non vos “flèches” sont dans la bonne direction et atteignent leur but.
Il est beaucoup plus facile de savoir quoi ne pas faire et comment ne pas être quand vous savez ce que vous voulez faire et qui vous voulez être.
Et cela rend bien plus aisé le “non” à dire quand vous le devez.
Par exemple, si vous déclarez dans le but de votre vie que ce qui vous tient le plus à cœur, c’est d’aider les adolescents, et si vous savez que vous avez des talents administratifs, il sera facile de dire non à une proposition pour devenir visiteuse au pavillon de gériatrie de l’hôpital local — et vous vous sentirez plus libre pour dire oui à la proposition d’être la coordinatrice des jeunes à la maison de la jeunesse.

Dire non signifie souvent passer du bien à l’excellent.
Cela signifie aussi que nous admettons ne pas être indispensables et que les autres peuvent, eux aussi, faire des choses pour eux-mêmes.
Quand on y pense, dire non n’est pas un si grand défit que ça.
Rappelez-vous la dernière fois que quelqu’un a répondu non à une de vos demandes.
Avez-vous sauté au plafond?
Non, vous l’avez juste accepté sans sourciller, puis vous vous êtes tournées vers les autres options.
Vous avez même peut-être pensé, “Eh bien! j’aimerais bien pouvoir dire non comme ça.” 
 

Rester maître de notre tendance naturelle à être trop actives n’est pas quelque chose que l’on fait une fois pour toutes. Les périodes de notre vie changent, les circonstances changent. Nos valeurs changent.
Mais nous avons toujours le choix.
Nous pouvons courir frénétiquement toute la journée, jours après jours, pour en arriver à transporter avec nous un sac de litière pour chat usagée et un paquet de panique vraiment pas nécessaire.
Ou bien, nous pouvons profiter de la vie qui nous est offerte et nous rendre compte qu’il y a un temps pour courir, un temps pour marcher, un temps pour jouer… et un temps pour s’arrêter.

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