vendredi 17 juin 2016

La grande illusion




Genèse 29.16-28 "Laban avait deux filles: l’aînée s’appelait Léa, et la cadette Rachel. Léa avait les yeux délicats; mais Rachel était belle de taille et belle  de figure. Jacob aimait Rachel, et il dit: Je te servirai sept ans pour Rachel, ta  fille cadette. Et Laban dit: J’aime mieux te la donner que de la donner à un autre homme.  Reste chez moi! Ainsi Jacob servit sept années pour Rachel: et elles furent à ses yeux  comme quelques jours, parce qu’il l’aimait. Ensuite Jacob dit à Laban: Donne-moi ma femme, car mon temps est accompli: et j’irai vers elle. Laban réunit tous les gens du lieu, et fit un festin. Le soir, il prit Léa, sa fille, et l’amena vers Jacob, qui s’approcha  d’elle. Et Laban donna pour servante à Léa, sa fille, Zilpa, sa servante. Le lendemain matin, voilà que c’était Léa. Alors Jacob dit à Laban: Qu’est-ce que tu m’as fait? N’est-ce pas pour Rachel que j’ai servi chez  toi? Pourquoi m’as-tu trompé? Laban dit: Ce n’est point la coutume dans ce lieu de donner la cadette  avant l’aînée. Achève la semaine avec celle-ci, et nous te donnerons aussi l’autre pour  le service que tu feras encore chez moi pendant sept nouvelles années. Jacob fit ainsi, et il acheva la semaine avec Léa; puis Laban lui donna  pour femme Rachel, sa fille.

Introduction
Bref récapitulatif au sujet de Jacob:
Jacob était le petit fils d'Abraham, le fils d’Isaac et de Rébecca et le frère jumeau d’Esaü.
Jacob aimait à rester sous les tentes, car il était de nature calme et pacifique et il était aussi le favori de sa mère, tandis qu'Esaü était le préféré de son père.
Un jour où Esaü rentrait de la chasse, affamé, il vendit son droit d’aînesse à son frère contre une soupe de lentilles.
Puis alors qu'Isaac était vieux et presque aveugle, Rébecca persuada  son fils Jacob (alors âgé de 40 ans) de mettre les habits d’Esaü, de se couvrir le cou et les mains d’une peau velue, pour se faire passer pour son frère et obtenir d’Isaac, qui se croyait mourant, la bénédiction découlant du droit d’aînesse.
Lorsqu’Esaü découvrit le tort qui lui était fait, il se plaignit violemment de s’être laissé prendre ce droit par son frère.
Esaü résolut de tuer Jacob, dès qu’Isaac serait mort.
Isaac vécut encore 80 ans, mais craignant les menaces d'Esaü, Rébecca fit un jour partir Jacob à Paddan-Aram, où vivait son frère Laban, afin qu'il se marie à une israélite.
En cours de route, une nuit, Jacob, (alors âgé de 75 ans) eut la vision d'une échelle qui reliait la terre au ciel, et des anges qui montaient et descendaient ; à cet instant,  l’Eternel lui promit toutes les bénédictions de l’alliance faite avec son grand-père Abraham.
Ensuite, Jacob poursuivit sa route et arriva à un puits où sa cousine Rachel venait faire boire le troupeau de son père.
Dans Genèse 29.11-12 nous lisons que Jacob embrassa sa cousine Rachel, qu'il éleva la voix pour rendre grâce et pleura de joie.
Puis Jacob apprit à Rachel qu’il était parent de son père, et qu’il était le fils de Rebecca.
Emouvante rencontre que celle de Jacob et Rachel !
Alors que son grand-père Abraham avait quitté sa famille, sa région et son pays pour obéir à Dieu et prendre possession du pays promis, Jacob quitta sa famille, sa région et son pays pour obéir à sa mère et fuir la colère de son frère. 
Il s'éloigna du pays promis et se retrouva en terre étrangère, seul, loin de sa mère qui l'avait tant aimé et loin des tentes où il s'était jusque là sentit en sécurité.
Jacob n'était pas un aventurier habitué aux voyages et aux difficultés, alors imaginez son soulagement d'arriver sain et sauf à Paddan-Aram  et de trouver aussi rapidement un membre de sa famille !
De plus, et ce qui n'est pas un détail négligeable : le verset 17 précise que Rachel avait une belle apparence (belle de taille) et qu'elle avait un beau visage.
Immédiatement, Jacob tomba éperdument amoureux de Rachel et se dit qu'il allait l'épouser.

1. La passion de Jacob pour Rachel
Or, Rachel vivait chez son père Laban avec sa sœur ainée Léa.
Après avoir accueilli gracieusement son neveu pendant un mois, Laban lui proposa ensuite de l'embaucher comme berger.
Non seulement Jacob accepta, mais il proposa lui-même de travailler sept ans pour son oncle, à condition de recevoir Rachel pour épouse.
Pour l'époque sept années de travail pour obtenir une épouse était un salaire exorbitant.
Aucun homme sensé n'aurait fait une telle proposition, quatre fois supérieure à la norme.
De plus la coutume locale prévoyait que la fille ainée se marie toujours avant ses cadettes.
Pour ces deux raisons, la proposition de Jacob à Laban semble à la fois inconsidérée et inconvenante et elle révèle une seule chose : sa passion ardente pour Rachel !
Si Jacob a fait sa promesse d'un cœur ardent et déterminé, la réponse de Laban a été évasive et ne laissait pas entendre qu'il lui donnerait Rachel avant son ainée Léa.

Dans Genèse 29.19-20 nous lisons : "Laban dit: J’aime mieux te la donner que de la donner à un autre homme. Reste chez moi! Ainsi Jacob servit sept années pour Rachel."

Mais l'amour passionné de Jacob l'a aveuglé.
Il a voulu entendre un oui et il a entendu un oui.
Mais ce n'en était pas un.

Attention aux attentes impérieuses qui pourraient nous rendre sourds!

Son amour passionné lui a communiqué la force de travailler de tout son cœur pour son oncle.

La passion amoureuse donne des ailes mais ce ne sont pas celles de la foi!

Pourtant à l'époque biblique, on ne se mariait pas par amour, mais plutôt par soumission à ses parents selon des accords sociaux et financiers. Jacob est donc un cas isolé dans toute la bible.

Mais pourquoi donc a-t-il conçu tant d'amour pour cette femme ?

Il faut savoir que Jacob était un solitaire, un vieux garçon resté sous la tente de sa mère pendant 75 ans.
Son père avait toujours préféré son frère Esaü, habile chasseur et cuisinant de bons gibiers.
Ajoutons que pendant 35 ans, Jacob avait craint les représailles de son frère et vécut dans un foyer plein d'amertume où ses parents Isaac et Rébecca ressassaient sa tromperie et la déception qu'Esaü se soit marié à des femmes étrangères.
Cette famille biblique était loin d'être exemplaire !

Et Jacob n'avait pas la foi et la consécration de son grand-père Abraham !
Le foyer dans lequel il avait grandi bénéficiait pourtant des faveurs de Dieu et des promesses de l'alliance ; mais pourtant, nous lisons qu'Isaac et Rebecca avaient chacun un fils préféré ; nous voyons qu'Isaac avait la vue basse (aussi bien physiquement que spirituellement), il crut qu'il allait mourir 80 ans avant le moment fatidique et prit Jacob pour Esaü afin de le bénir…
Nous voyons aussi que Rébecca était une femme manipulatrice, rusée et déterminée, capable de prendre la destinée de ses fils entre ses mains, plutôt que de les laisser entre les mains de Dieu.
Le tableau que nous dépeint cette famille n'est pas des plus réjouissant !

Ce n'est qu'à Bethel que Jacob eut sa première révélation divine et personnelle.
(Rappelons qu'il avait alors 75 ans)
Genèse 28.16 " Jacob s’éveilla de son sommeil et il dit: Certainement, l’Eternel est en  ce lieu, et moi, je ne le savais pas!"

Révélation somme toute insuffisante et la suite de l'histoire nous le confirme!
Jacob avait davantage la sensation d'être en sécurité et aimé sous la tente de sa mère que dans la présence de Dieu.
Il savait que Dieu existait, mais il n'avait jamais connu sa présence, sa protection et son amour. Celle qui avait pourvu à toutes ces choses, c'était Rébecca sa mère!

On ne peut vivre toute sa vie par procuration spirituelle sans faire de l'autre son idole!

Comme quoi, même sans le vouloir expressément, Rebecca a pris une place qui n'était pas la sienne. Car si sur ses conseils Jacob a usurpé la place de son frère, elle-même a usurpé la place de Dieu dans la vie de son fils.

Et que va faire Jacob lorsqu'il va s'éloigner de sa mère ?  

Il va inconsciemment rechercher la présence, l'amour et la sécurité auprès d'une autre femme.
Jacob posa alors ses yeux sur la plus belle femme qu'il n'avait jamais vue auparavant et en tomba éperdument amoureux.

Ernest Becker qui a écrit un livre expliquant comment les êtres humains compensent leur manque de relation avec Dieu par une recherche de l'amour romantique et de la sexualité, a écrit que l'homme moderne a toujours besoin de se voir comme un héros,  qu'il a besoin de savoir que sa vie s'inscrit dans l'ordre des choses, de faire partie d'une cause supérieure, d'être en phase avec lui-même, dans la confiance et la reconnaissance…

Mais si Dieu est absent de sa vie comment cela est-il possible ?

Une des premières solutions qui lui viennent alors à l'esprit est la solution romantique, car il pense que cette glorification de soi qu'il recherche dans son for intérieur se trouve dans l'autre. Et cet autre qu'il aime devient un idéal qui remplit sa vie à la place de Dieu.
Tous ses besoins se centrent sur un individu et l'objet de son amour devient un dieu.
L'être humain  élève son ou sa partenaire au rang de dieu!

C'est exactement ce qu'a fait Jacob, comme des milliers d'hommes et de femmes aujourd'hui qui attendent tout de leur épouse ou de leur mari.
Les films, les romans et les chansons populaires en font l'apologie et appellent des milliers de gens à poursuivre cette quête idolâtre qu'est l'amour humain, qu'il soit sentimental et romantique ou sexuel.
L'amour sentimental, romantique et sexuel exerce une puissance énorme sur le cœur et l'imagination humaine et prend une place excessive dans la vie des hommes, des femmes et des adolescents de plus en plus jeunes.
Même ceux qui essaient d'éviter de tomber amoureux, par amertume ou par peur, s'en rendent en fait esclaves.
En fait, celui qui  a trop peur de l'amour, comme celui qui en est trop épris, ont des perspectives faussées de ce qu'il doit vraiment être et en font une idole qu'ils adorent ou craignent.

Le vide intérieur de Jacob l'a rendu vulnérable à un amour idolâtre et il a offert de travailler sept ans pour avoir le droit d'épouser Rachel.
Laban, homme sans scrupules a bien compris que Jacob était passionnément amoureux de sa fille et il a profité de la situation. Lorsque les sept années sont passées, il a organisé un mariage et le lendemain des festivités, Jacob s'est réveillé aux côtés de Léa !

En colère, Jacob a demandé des comptes à son beau-père qui lui a calmement expliqué que c'était la coutume et qu'il aurait Rachel s'il acceptait de travailler encore sept années à son service.
Piqué au vif, Jacob accepta et s'engagea encore pour sept ans de travail supplémentaire afin d'avoir Rachel le soir même.

Vous vous demandez peut être comment Jacob a pu se montrer si naïf face à Laban, mais son comportement était celui d'une personne victime de dépendance.
L'amour romantique ou sexuel peut fonctionner comme une drogue qui aide à échapper aux réalités de la vie et ceux qui en sont accrocs finissent toujours par faire des choix insensés et destructeurs.
C'est ce qui est arrivé à Jacob. Rachel n'était pas seulement son épouse mais son "sauveur".
Souvenez-vous de son attitude lorsqu'il l'a vue pour la première fois au puits :
Genèse 29.11 "Jacob embrassa Rachel et éleva sa voix pour rendre grâce et pleura."
  
Rien de spirituel dans son attitude, juste de l'émotion dans ses affections (baisers), dans ses paroles (reconnaissance envers elle et sa famille et non envers Dieu) et pleurs exprimant son soulagement et sa vive émotion de joie.
Jacob l'a tant désirée qu'il n'a vu qu'elle et n'a pas entendu les vrais propos de Laban.
C'est pour cela qu'il est tombé aussi facilement dans le piège de son oncle (aussi fourbe que Rebecca sa soeur).
Attention, quand les émotions prennent le dessus, la raison et la spiritualité n'entrent plus en jeu.
Aveugle et sourd, Jacob a sombré dans l'idolâtrie envers Rachel et cela a ravagé sa vie et celle de toute sa famille pendant des décennies. (Car il adorera aussi les fils de Rachel Joseph et Benjamin  plutôt que ses autres enfants et n'aima jamais son autre femme Léa.)

2. La désillusion de Léa
Léa était l'ainée de Rachel, mais elle n'était pas aussi belle.
Genèse 29.17 "Léa avait les yeux délicats"
Il semble donc que Léa n'entrait pas dans les critères de beauté de Jacob, parce qu'elle avait la vue basse.
Peut être qu'à cause de ce problème de vue, elle ne pensait jamais se marier.
Mais c'était sans compter sur l'opportunisme de son père qui trouva en Jacob une solution à son problème de célibat.
Mais imaginez ce que cette solution signifiait pour elle !
Elle était mariée à un homme qui ne l'aimait pas et qui s'était fait escroquer par son père.
Cette situation n'était avantageuse pour elle ni vis-à-vis de son père qui semblait vouloir se débarrasser d'elle, ni pour son mari qui ne l'aimait pas.

Le vide dans le cœur de Léa rivalisait avec le vide dans le cœur de Jacob et elle a commencé à y répondre de la même façon que lui.
Elle a d'abord commencé à placer en Jacob les mêmes espérances que lui-même avait placé en Rachel.
Elle s'est focalisée sur l'espoir de gagner l'amour de Jacob  en lui donnant les enfants que Rachel qui était stérile ne pouvait lui donner.

Genèse 29.31-35 "L’Eternel vit que Léa n’était pas aimée; et il la rendit féconde, tandis  que Rachel était stérile. Léa devint enceinte, et enfanta un fils, à qui elle donna le nom de Ruben;  car elle dit: L’Eternel a vu mon humiliation, et maintenant mon mari  m’aimera. Elle devint encore enceinte, et enfanta un fils, et elle dit: L’Eternel  a entendu que je n’étais pas aimée, et il m’a aussi accordé celui-ci.  Et elle lui donna le nom de Siméon. Elle devint encore enceinte, et enfanta un fils, et elle dit: Pour cette  fois, mon mari s’attachera à moi; car je lui ai enfanté trois fils.  C’est pourquoi on lui donna le nom de Lévi. Elle devint encore enceinte, et enfanta un fils, et elle dit: Cette fois,  je louerai l’Eternel. C’est pourquoi elle lui donna le nom de Juda. Et  elle cessa d’enfanter."

Léa a eu quatre fils avant de comprendre qu'elle pouvait louer Dieu, mais elle ne comprit jamais que Jacob ne l'aimerait pas pour autant.
Plus tard elle eut encore deux fils et une fille qui lui causèrent de nombreux soucis parce qu'elle ne cessa jamais d'espérer après l'amour de Jacob.

Comment est-ce possible vous demandez-vous ?

C'est possible et de nombreuses femmes pleines d'espoir comme Léa ont essayé de trouver le bonheur et une identité dans des valeurs familiales traditionnelles.
Avoir des enfants et principalement des fils était la meilleure façon d'y parvenir à cette époque.
Elle avait mis tous ses espoirs et tous ses rêves dans son mari et ses enfants.
Bien qu'elle ait loué Dieu pour la naissance de son fils Juda, elle espéra aussi après des mandragores et les idoles de ses ancêtres. (Tout comme Rachel sa sœur)

Dans cette "saga" familiale nous constatons qu'Isaac a d'abord idolâtré Esaü pendant que son épouse idolâtrait son autre fils Jacob.
Puis Jacob a idolâtré Rachel et ses fils, pendant que Léa idolâtrait Jacob et ses enfants… !

Et quel est l'autre point commun entre tous ses personnages ?
La déception! La grande illusion qui se mue en infinie désillusion !
Car personne dans cette grande famille ne fut réellement heureux.

Derek Kidner a dit à propos de ce passage biblique : "Voici une miniature de la déception que nous vivons depuis le jardin d'Eden"

Qu'est-ce que cela veut dire ?
Tout simplement que le temps que nous idéaliserons notre épouse, notre époux, nos enfants ou nos parents, nous serons toujours aussi déçus que Jacob lorsqu'il se réveilla de sa nuit de noce et constata que Léa était auprès de lui.

C.S Lewis a dit : "La plupart des gens, s'ils avaient vraiement appris à lire dans leur propre cœur, sauraient qu'ils aspirent très fortement à quelque chose que ce monde ne peut leur donner. Tout ce qui s'offre ici bas ne tient jamais totalement ses promesses. Nos aspirations, lors de notre premier amour ou d'un projet de visite de pays étrangers, ou lors de l'étude d'un sujet passionnant, ne peuvent se réaliser ni par le mariage, ni par un voyage, ni par la recherche approfondie. Je n'évoque pas ici, bien entendu, un mariage ou des vacances manquées ou une profession vouée à l'échec. Je parle des résultats les meilleurs. Nous nous berçons dans nos aspirations initiales, de rêves qui s'évanouissent dans la réalité. (…) L'épouse peut être excellente, les hôtels et les paysages de toute beauté, et la chimie un travail intéressant, nous restons toujours insatisfaits."

Si vous vous mariez comme Jacob ou Léa, en portant tous vos espoirs sur votre époux ou votre épouse, vous l'écraserez sous vos attentes.
Aucun humain, même le meilleur ne peut pleinement satisfaire l'âme humaine.
Vous espérerez toujours après Rachel et vous réveillerez aux côtés de Léa !
Cette déception et cette désillusion universelles sont présentes dans tous les domaines de la vie mais nous les ressentons le plus là où nous avons placé nos espoirs les plus profonds.

Où avez-vous placé vos espoirs ?
Si ce n'est pas en Christ vous serez toujours déçus!

De plus ceux que l'on place sur un piédestal comme un dieu, non seulement nous rendent malheureux en ne répondant pas à nos attentes et nos espoirs, mais en plus ils profitent parfois de la position à laquelle on les a élevés pour devenir autoritaires et dominateurs, capricieux, intransigeants, et tyranniques.  ( Les enfants rois deviennent des adultes tyranniques)
Regardez l'attitude de Rachel, envieuse, capricieuse et excessive dans Genèse 30.1 "Lorsque Rachel vit qu’elle ne donnait point d’enfants à Jacob, elle porta  envie à sa soeur, et elle dit à Jacob: Donne-moi des enfants, ou je  meurs!"
Et Joseph de lui répondre avec une ardente colère : " Suis-je à la  place de Dieu qui t’empêche d’être féconde?"

17 ans plus tard, les querelles familiales étaient toujours aussi présentes dans la famille de Jacob, même si Rachel a été exaucée et a donné naissance à son fils Joseph.
Regardez l'attitude de Jacob et de ses fils dans Genèse 37.3-4 "Jacob (âgé de 110 ans) aimait Joseph (17 ans) plus que tous ses autres fils, parce qu’il l’avait  eu dans sa vieillesse; et il lui fit une tunique de plusieurs couleurs. Ses frères virent que leur père l’aimait plus qu’eux tous, et ils le prirent en haine."

Vous connaissez la suite de cette histoire et comment Joseph fut vendu par ses demi-frères pour devenir esclave en Egypte…

Conclusion
Si à travers ce message vous avez pris conscience que vous avez placé votre mari, votre épouse, vos enfants ou vos parents à une place qui ne leur revient pas, si vous avez idéalisé les relations familiales au point qu'elles ont remplacé la relation que vous devriez avoir avec Dieu, vous avez quatre solutions possibles :

·         Vous pouvez accuser ceux qui vous ont déçu et essayer de trouver autre chose pour vous satisfaire : une passion comme un sport ou un loisir, une addiction à la pornographie ou à toutes sortes de jeux, une fuite dans le travail à la recherche d'autres reconnaissances ou d'argent… C'est la solution de l'idolâtrie continue comme l'a choisi Rachel.

·         Vous pouvez endosser la responsabilité de cette faute et vous mortifier sans cesse.
C'est le choix de la honte et du désespoir comme l'a choisi Jacob.

·         Vous pouvez en vouloir au monde entier et vous replier sur vous-même, devenir cynique, dur et vide comme l'a choisi Esaü. 

·         Vous pouvez  réorienter le centre de votre vie sur Dieu et dire comme C.S Lewis :
"Si je découvre en moi un désir qu'aucune expérience au monde ne puisse satisfaire, l'explication plausible ne serait-elle pas que je suis fait pour un autre monde ?" Comme l'a choisi plus tard Joseph, le fils de Rachel et Jacob.

Mais avant que vous ne fassiez votre choix, j'aimerais vous partager quelque chose qui me surprend au-delà de tous ces personnages ô combien imparfaits !
C'est le fait que Dieu les ait choisis et bénis malgré leurs erreurs, leurs négligences et leurs méfaits.
Combien l'amour de Dieu nous dépasse !
Et lorsque Léa ne se sentait pas aimée par son mari, c'est cet amour qu'elle apprit à connaitre.
Elle reconnut qu'il était vivant et tout puissant pour la rendre féconde, lui procurer de la joie et du bonheur. C'est ce Dieu qu'elle célébra et loua.

Dans Genèse 29.32 Léa atteste : "L’Eternel a vu mon humiliation".
Au verset 33 elle ajoute : "L’Eternel  a entendu que je n’étais pas aimée".
Au verset  35, nous lisons : " Cette fois, je louerai l’Eternel."
Au verset 11 et 13, elle proclame sa joie et son bonheur et dans Genèse 30.20, elle dit : "Dieu m’a fait un beau don"

Dieu n'est pas simplement là pour encourager les malheureux, les délaissés de la vie, les désillusionnés de ce monde qui ont cherché l'Amour absolu au milieu de leurs prochains, ceux qui ont cherché de la reconnaissance et de la sécurité en dehors de lui, Dieu est là pour nous révéler sa présence, pour nous dire :
" C'est moi la source de l'amour capable de combler le cœur de tous les hommes, de toutes les femmes et de tous les enfants qui se sentent seuls et incompris… Je n'attends pas de vous la perfection pour vous aimer, j'aime les mal-aimés, les faibles et les rejetés. Je ne suis pas seulement un père pour ses enfants, un berger pour ses brebis ou un époux pour son épouse, je suis Dieu au dessus de tout ce qui existe. "

L'amour de Dieu peut vous combler au-delà de ce que vous pouvez imaginer, afin que vous libériez vos conjoints, vos enfants ou vos parents de vos attentes si étouffantes et oppressantes.

Même si ses yeux étaient faibles, Léa a su tourné ses regards vers celui qui peut nous combler de joie quelques soient nos circonstances. (Psaumes 34.5)
Elle a loué l'Eternel et il lui a donné un fils qu'elle a nommé Juda (Que Dieu soit loué en hébreu).
Et vous savez quoi ?
Ce fils  est celui qui sauva la vie de Joseph, en proposant de le vendre au lieu de le tuer.
C'est lui qui prit la place de l'ainé à la place de Ruben, Siméon et Lévi qui avaient gravement péché. Et c'est lui qui fut l'ancêtre du roi David et de Joseph le père adoptif de Jésus Christ.

Quand nous sommes profondément touchés par l'amour de notre sauveur, nos cœurs sont libérés d'autres prétendus sauveurs.
Nous cessons d'essayer de nous racheter par nos efforts et nos relations, nous ne cherchons plus la sécurité, la gratitude ni même l'amour chez les autres mais en Dieu.
Nous ne plaçons  plus d'idoles sur nos anciens piédestaux, nous ne sommes plus esclaves de dieux capricieux et tyranniques, mais nous sommes libres en Dieu qui est tout pour nous !

Appel:
Voulez-vous en finir avec les idoles qui ont pris la place de Dieu dans vos cœurs ?
Laissez Dieu se révéler à vous comme le Dieu qui remplit tout en tous, comme l'amour absolu, comme le seul capable de combler et de satisfaire vos cœurs !

Message prêché par Xavier Lavie le 29 mai 2016

Simon, tu dors ?



Marc 14.32-33 "Ils allèrent ensuite dans un lieu, appelé Gethsémané, et Jésus dit à ses disciples: Asseyez-vous ici, pendant que je prierai. Il prit avec lui pierre, Jacques et Jean, et il commença à éprouver de la frayeur et des angoisses."
Marc 14.37 "il vint vers les disciples, qu’il trouva endormis, et il dit à pierre: Simon, tu dors! Tu n’as pu veiller une heure!"


Introduction:

Comment avez-vous l'habitude de gérer la pression qui pèse sur votre vie…?
Êtes-vous un adepte de la thérapie par le sommeil ?

Il y a beaucoup de personnes qui ont recours au sommeil pour tenter d'oublier les évènements ou les souvenirs trop douloureux ou pour gérer les pressions trop fortes et accablantes.
A mon sens, cela relève plus de la politique de l'autruche qu'autre chose, mais peut-être qu'au fond ces personnes ont raison d'agir ainsi, puisque des scientifiques ont confirmés récemment que le sommeil permet à notre cerveau de se débarrasser des informations inutiles pour mieux mémoriser celles qui comptent. En fait dormir ce n'est pas oublier…c'est trier !
Disons cependant que si le sommeil peut parfois être réparateur, il ne peut assurément pas changer nos circonstances extérieures ; ainsi nous constatons bien souvent qu'un problème oublié dans le sommeil a de grandes chances d'être toujours au pied de notre lit au moment de notre réveil !

A Gethsémané, nous découvrons deux façons fondamentalement différentes des gérer les problèmes : nous avons d'un côté les disciples qui sont tristement endormis et de l'autre le Seigneur qui veille et prie, menant un combat d'une extrême intensité.

Il y a ici, une réalité que nous devons appréhender et confronter en face.
Cette réalité est que la prière n'est pas toujours le moyen utilisé spontanément lorsque nous confrontons des situations d'adversités.
Nous sommes tous d'accord pour déclarer que la prière est une arme puissante dans le combat contre notre ennemi, nous  permettant de sortir vainqueur de situations difficiles, de conflits, de moments de détresses et d'oppositions.

Jacques 5.16 "La prière fervente d’une personne juste a une grande efficacité."

Mais, replaçons maintenant notre passage biblique du Jardin de Gethsémané dans son contexte : juste avant d'entrer dans ce jardin, Jésus et ses disciples venaient de partager le repas de la Pâque. Ils avaient sans doute bien mangé, même si ce repas avait pris une dimension particulièrement solennelle avec l'annonce de la trahison d'un des leurs et le partage du pain et du vin instaurant la cène.

L'évangéliste Marc écrit dans son évangile Marc 14.26 : "Après avoir chanté les cantiques, ils se redirent à la montagne des Oliviers."

A la suite de ce repas pris en fin de journée, après avoir loué Dieu par des chants, ils ont traversé la vallée du Cédron et gravit la montagne des Oliviers (le tout dans une ambiance quelque peu lourde de tristesse et d'angoisse) pour arriver dans le fameux Jardin des oliviers.
Là, ils se dirigèrent ensemble vers le lieu du pressoir à huile appelé Gethsémané et tandis que Jésus demandait à huit de ses disciples de rester là pendant qu'il allait prier, il prit avec lui Pierre, Jacques et Jean.

Pierre, Jacques et Jean sont les trois personnalités qui ressortent le plus dans les évangiles et les disciples les plus proches de Jésus.
Galates 2.9 précise qu'ils sont regardés comme des colonnes et dans plusieurs passages de l'écriture, nous retrouvons ce trio avec Jésus comme lors de la transfiguration ou de la résurrection de la fille de Jaïrus.
Nous pourrions nous demander pourquoi Jésus a fait un tel choix et la raison la plus évidente serait que Jésus ayant vu en eux quelques dispositions au leadership ou quelques dispositions spirituelles, il les aurait choisis pour assurer la succession et la direction de l'Eglise qu'il allait édifier…
Mais, il y a une autre raison que l'on ne peut négliger lorsque nous étudions la Parole de Dieu, c'est que le texte biblique se focalise sur des personnages particuliers afin de les mettre en évidence, comme si l'on mettait les projecteurs sur eux et d'attirer notre attention, afin que nous réalisions certaines choses.
En choisissant Pierre, Jacques et Jean, Jésus va faire ressortir ces trois hommes du groupe des disciples, afin de nous permettre d'apprendre à travers eux.         
En effet, dans les évangiles, Jean représente communément l'amour (la vie intérieure), Jacques la prière active (la vie tournée vers l'extérieure) et Pierre la foi.

Le temps me manque ici pour me permettre de partager avec vous en détails sur ces trois caractéristiques représentées par ces trois hommes dans une même circonstance, mais je vous engage à poursuivre cette réflexion spirituelle tandis que je vais aujourd'hui essentiellement me focaliser sur l'Apôtre Pierre en rapport avec la foi.

1. Le recentrage de la foi.
L'Apôtre Pierre est un homme direct et expressif.  Sa spontanéité et son caractère entier mettent en évidence ses états de cœur.
Aussi lorsque le Seigneur va annoncer prophétiquement à la fin du repas que tous seront scandalisés parce que le berger va être frappé (Marc 14.27), nous voyons Pierre se démarquer instantanément des autres en déclarant : "même si tu étais pour tous une occasion de chute, tu ne le seras jamais pour moi." 

J'aimerais m'arrêter un instant sur sa réaction :
Cette proclamation était-elle une parole de foi ?
Une telle déclaration peut sembler spirituelle et elle marque un engagement fort et une détermination réelle, mais en réalité, l'intervention de Pierre est tout sauf celle de la foi que Dieu attend de nous !
Pierre pensait être différent des autres, mais ce n'était que de la présomption !
Comprenons que la foi ne se contente pas de déclarations même si elles sont passionnées.
Mais la foi doit s'implanter bien plus profondément dans l'individualité des personnes jusqu'à opérer une mort à soi-même et pas une mise en avant de soi !
La foi n'est pas un moyen de se mettre en avant mais un moyen de glorifier Christ !
La foi ce n'est pas prendre ses désirs pour des réalités !
Et il fallait que Pierre l'apprenne.

D'ailleurs, face à son arrogance, Jésus lui a dit : " Je te le dis, cette nuit même, avant que le coq chante deux fois, avant l'aube, tu ne vas pas seulement m'abandonner, mais pire encore, tu vas me renier trois fois."   

Et croyez-vous que cela a suffi à faire taire Pierre ?
Non, car il est écrit dans Marc 14.31 "Quand il me faudrait mourir avec toi, je ne te renierai pas."
Pierre était tellement rempli de certitudes, qu'il n'a même pas écouté Jésus.
Cela pourrait-il être votre cas ?

Alors, que fit Jésus ?
Il ouvrit un chemin d'expériences devant Pierre pour l'éprouver et  lui révéler sa volonté.

2. Tu veilles et tu pries ou bien tu dors ?
Alors, que Jésus arrive à Gethsémané, il demande à Pierre, Jacques et Jean de veiller et de prier afin qu'ils ne tombent pas en tentation.
La foi, l'expérience et l'amour sont donc invités à veiller et à prier pour soutenir le Christ.

Jésus avait-il fait le bon choix en privilégiant ces trois hommes pour l'entourer et le soutenir ?

Le Seigneur s'éloigna de la distance d'un jet de pierre et pria son Père avec tant de ferveur que sa sueur devint comme des grumeaux de sang, qui tombaient à terre. Puis il vint vers les disciples et les trouva endormis. Il dit alors à pierre: Simon, tu dors! Tu n’as pu veiller une heure!

Simon était le nom de Pierre avant qu'il rencontre le Seigneur.
A votre avis, pourquoi Jésus appela Pierre avec son ancien nom ?
Il voulait qu'il réalise que les choses anciennes étaient encore-là et que toutes choses n'étaient pas encore devenues nouvelles dans sa vie.
Car si le nouveau Pierre existait, le vieux Simon n'était pas totalement mort ! 

Sache que si le diable te reproche ton passé c'est pour détruire ton présent et ruiner ton avenir, mais quand Jésus te reproche ton présent, c'est pour édifier ton avenir.
Par contre, jamais, Jésus ne te reprochera ton passé car il l'a effacé à la croix.

Mais que peut-il dire de ton présent ?
Est-ce que le vieux Simon vit encore ?

Ecoute, ce que te dis Jésus ce soir : "veille et prie, afin que tu ne tombes pas en tentation; l’esprit est bien disposé, mais la chair est faible."

Marc 14.40 nous dit qu'ensuite, Jésus s’éloigna de nouveau, pria puis revint vers ses trois disciples qu'il trouva encore endormis et ils ne surent que lui répondre.

Quand nous ne sommes pas à la hauteur de ce que le Christ attend de nous, qu'avons-nous à lui dire ?
Jésus ne répond rien non plus, il s'éloigne, et intercède encore !

Puis il alla vers ses disciples pour la 3eme fois, et leur dit: "vous dormez maintenant, et vous vous reposez ! Voici, l’heure est proche, et le fils de l’homme est livré aux mains des pécheurs. Levez-vous, allons; voici, celui qui me livre s’approche."

Gethsémané nous enseigne tellement sur nous mêmes : En Pierre, Jacques et Jean, nous devrions nous voir tels que nous sommes.
A Gethsémané, nous apprenons que lorsque notre berger est frappé, nous sommes dispersés.
Car en réalité, ce n'est ni notre foi, ni notre amour, ni notre expérience qui nous tiennent debout mais uniquement notre bon berger…!
Il est vrai que nous sommes capables de faire de belles déclarations de foi, mais, à Gethsémané, nous voyons que la foi, l'amour et même l'expérience finissent par s'endormir, elles aussi. Elles sont comme prises au dépourvues et appesanties par la tristesse des circonstances qui se profilent à l'horizon.
A Gethsémané nous devrions tous veiller et prier, et malheureusement nous dormons…!
Mais, Jésus vient pour te réveiller maintenant…!

Penses-tu qu'être réveillé suffira…?
Lorsque les désillusions nous gagnent, lorsque nos rêves volent en éclats, lorsque nos projets n'aboutissent pas, lorsque les intimidations pèsent sur nous et que notre intégrité personnelle est menacée et que nous sentons que le berger est loin de nous, au mieux c'est le sommeil ou la fuite. Au pire c'est le reniement…!

3. Je ne le connais pas…!
A Gethsémané, Jésus fut arrêté et les disciples, craignant les représailles, prirent la fuite.
Matthieu 26.57-58 "ceux qui avaient saisi Jésus l’emmenèrent chez le souverain sacrificateur Caïphe, où les scribes et les anciens étaient assemblés. Pierre le suivit de loin jusqu’à la cour du souverain sacrificateur, y entra, et s’assit avec les serviteurs, pour voir comment cela finirait."

N'est-il pas étrange de voir la foi suivre de loin..?
La foi ne devrait jamais suivre de loin, mais au contraire se tenir au plus près de Christ !

La foi peut-elle se tenir au loin et s'inscrire dans le fatalisme en disant : voyons comment tout cela va finir ?
Quel était l'intérêt de Pierre quand il a suivi la cohorte des soldats jusque dans la cour du Souverain sacrificateur ?
Etait-ce pour tenter de libérer Jésus ?
Etait-ce poussé par le regret de s'être endormi ?
Etait-ce parce qu'il espérait un miracle et que Jésus se libère de ses chaines ? 
Etait-ce par simple curiosité ?

Marc 14.54 explique que Pierre se chauffait près d'un feu "étranger", assis au milieu des gardes et des serviteurs du souverain sacrificateur.
Bien que Pierre ne soit là qu'en spectateur, il était en mauvaise posture !

Nous sommes présents peut-être parce que nos parents veulent que nous allions à la réunion, par habitude ou pour voir nos ami(e)s ?

Notre foi aussi se contente à certains moments d'être juste spectatrice…!
Nous regardons…mais ne participons pas véritablement.
Nous sommes présents de corps mais pas toujours de cœur…et si le cœur y est, il n'est pas forcement en direction du Seigneur !
Nous sommes présents mais pas réellement engagés !

Pendant que Jésus subissait un interrogatoire musclé, qu'on lui crachait au visage, et qu'on lui donnait des coups de poing et des gifles, Pierre dans la cour était en train de renier son maître.
Le spectateur Pierre reculait de la scène ! 
Malgré la pénombre de la nuit, Pierre fut mis dans la lumière et trois fois, il nia connaitre Jésus, allant même faire des imprécations pour certifier ses propos ; ce qui revenait à appeler la malédiction sur lui s'il mentait ! Et il mentait !

Pierre s'était endormi trois fois et trois fois il a renié Jésus. Il est important de mettre en lien les trois endormissements à Gethsémané et les trois reniements qui ont suivi.
Comprenez-vous qu'il puisse y avoir un lien entre ces évènements ?

Nos endormissements spirituels sont propices à toutes sortes de reniements : chaque fois que notre attitude et notre comportement ont été en opposition avec notre foi: nous l'avons renié. Chaque fois que nous avons mis de côté le Seigneur préférant satisfaire notre bien-être : nous l'avons renié. Chaque fois que nous avons tu notre appartenance à Christ pour mieux être accepté par les autres : nous l'avons renié !   

Nous savons que les paroles de Jésus sont belles, pleines d'espoir et de réconfort, mais elles sont aussi parfois accablantes lorsqu'elles tombent sur nous, juste après que nous ayons péché.
Elles provoquent alors en nous une tristesse profonde, un sentiment de dégout de soi, une honte que l'on pense incurable.
Pourtant en agissant ainsi, le Seigneur nous pousse à la repentance.
2 Corinthiens 7.10 "En effet, la tristesse selon Dieu produit une repentance à salut dont on ne se repent jamais, tandis que la tristesse du monde produit la mort."

A l'image de Pierre qui pleura, nous devons réaliser que nos larmes parlent souvent mieux que nos mots.
Pierre était brisé sous le poids de la culpabilité, car il avait échoué là où il ne pensait jamais le faire. Le feu près duquel Pierre pensait se réchauffer était en fait un feu purificateur qui devait consumer  son arrogance et sa suffisance.

C'est par expérience qu'il écrivit plus tard : 1 Pierre 1.6-7 "Il faut que vous soyez attristés pour un peu de temps par diverses épreuves, afin que l’épreuve de votre foi, plus précieuse que l’or périssable (qui cependant est éprouvé par le feu), ait pour résultat la louange, la gloire et l’honneur, lorsque Jésus-Christ apparaîtra."

Après cet épisode du reniement, les évènements ont continué à se bousculer pour Jésus qui a été condamné, martyrisé et crucifié.
Et si Pierre fut absent à la croix, il s'empressa de courir au sépulcre avec Jean, lorsque les disciples apprirent la résurrection de Jésus.
Constatant que le tombeau était vide, ils reprirent espoir et comprirent enfin les prophéties de Jésus concernant sa résurrection.       
Pierre savait qu'il avait péché, mais cela ne l'a pas empêché de courir au tombeau.
Un tombeau vide peut satisfaire une curiosité spirituelle, cela ne nécessite pas une repentance ni une confrontation à ses culpabilités…
Pierre ne s'attendait pas à revoir Christ, il s'attendait juste à un tombeau vide.
Il est plus facile de se cacher au milieu d'une foule de disciples enthousiastes que d'affronter un tête à tête avec Jésus et de confronter son regard qui sonde les cœurs.
Ainsi, lorsque Jésus ressuscité est apparu pour la première fois au milieu des disciples, Pierre n'a pas eu d'échange particulier.

Etait-il prêt à cela ? Jésus lui faisait-il la grâce de se réjouir avec les autres disciples, avant de passer aux choses sérieuses?  

Retenons néanmoins ce point important : Lorsque Christ avait prévenu Pierre que Satan voulait le cribler comme le froment, il l'avait aussi assuré de la victoire qu'il allait connaitre à long terme…
Luc 22.32 "J'ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille point; et toi, quand tu seras revenu, affermis tes frères."

Il y avait concrètement un espoir pour Pierre, comme il y en a un pour toi aujourd'hui !


4. Les trois "m'aimes-tu" ?
C'est lorsque Pierre et ses amis étaient repartis à la pêche, que Jésus les retrouva et entreprit la restauration de son apôtre.
Il y a parfois un peu de temps qui s'écoule entre notre repentance et notre restauration ! 
Si à trois reprises Pierre s'est endormi, si à trois reprises il a renié Jésus, à trois reprises, Dans Jean 21.15-17 nous pouvons lire que Jésus lui demanda s'il l'aimait. Et à trois reprises Pierre lui affirma qu'il l'aimait toujours.
Jésus n’interrogea pas Pierre sur sa foi qui n’avait pas défailli, grâce à l’intercession du Sauveur ; mais il l'interrogea sur son amour qui avait été infidèle !

Si ta foi demeure, ton amour s'est-il refroidi ?

Il y a, dans la question de Jésus, un mot qu’il faut bien remarquer : M’aimes-tu, plus que ne font ceux-ci ? C’était là une allusion évidente et humiliante pour Pierre, à sa parole présomptueuse : "quand tous seraient scandalisés, je ne serai pas scandalisé."

Alors que Pierre affirme son amour pour son Maître, nous pouvons relever trois éléments importants.
D’abord, instruit par sa triste expérience, et se méfiant de lui-même, Pierre en appelle à celui qui seul connaît son cœur et peut juger de son amour : Tu sais que je t’aime.
Puis, tandis que Jésus dit m'aimes-tu ? (agape), Pierre répond je t'aime (phileo), sentiment purement humain.
Enfin, il se garde bien de se comparer avantageusement aux autres, car sa chute et sa repentance avaient produit en lui l’humilité.

C'est par ces paroles et par celles qui suivront, que Jésus montre à son disciple qu'il lui a pardonné, qu'il a restauré sa relation avec lui et qu'il ne lui ôtera pas sa part (sur terre et dans le ciel).
Le triple questionnement devait pousser Pierre à examiner son cœur, afin de s’assurer qu’il aimait réellement le Sauveur : c’était la condition de sa réhabilitation.
La foi est essentielle mais l'amour doit toujours l'accompagner !

Aimes-tu toi aussi Jésus, sans présomption, sans te comparer aux autres et en comptant sur la grâce de celui qui t'a aimé le premier ?

Pierre ne renia plus jamais le Christ, et plus encore, il se distingua, pendant le reste de sa vie, par sa proclamation courageuse de Christ, et cela même dans les situations les plus hostiles.

Oui, il s'était trop fortement surestimé…
Oui, il avait trop peu prié…
Oui, il avait trop dormi…
Oui, il avait agi avec beaucoup trop d'empressement…
Oui, il avait suivi Jésus de trop loin…
Et oui finalement, il avait renié son maître…!

Mais tout ce magnifique récit, n'est pas fait seulement pour mettre l'accent sur les échecs de Pierre ou les nôtres, mais sur le pardon du Seigneur et sur son amour qui nous dépasse.
Aujourd'hui, Jésus pardonne et restaure les cœurs afin que le feu de l'amour puisse de nouveau embraser ta vie. C'est un temps de réhabilitation, de restauration, de reconstruction et de rétablissement afin que plus jamais tu ne t'endormes !

Message prêché par Xavier Lavie le dimanche 5 juin 2016

jeudi 16 juin 2016

mercredi 15 juin 2016

Creuser d’anciens puits

  Genèse 26.1-4 « Il y eut une famine dans le pays, outre la première famine qui eut lieu du temps d’Abraham ; et Isaac alla vers Abimé...