Fusion

2012...

Lorsque vous étiez enfant, avez vous déjà dansé avec un adulte en posant vos pieds sur ses pieds et en vous cramponnant à sa taille afin qu'il vous guide pleinement au rythme de la musique ? Complètement abandonnée vous vous sentiez légère et habile, entrainée avec joie dans des tourbillons de valses enlevés. Pouvez-vous penser un instant que Jésus veut que vous vous abandonniez quelques fois dans ses bras, et posant vos pieds sur ses pieds afin de ne faire aucun faux pas, il voudrait vous entrainer sur les flots de ce monde avec légèreté, à sa cadence ? Ce serait sa façon de vous apprendre à vous cramponner à lui et de lui faire complètement confiance. Ce serait sa façon de vous apprendre à poser vos pas dans ses pas et de le suivre pleinement selon son rythme. Et lorsque vous aurez appris à vous abandonner à lui et à vous laisser guider pas à pas, il vous poserait à ses côtés et vous demanderait de jouer au jeu du miroir... Courir vite et s'arrêter net, aller à gauche, puis à droite, marcher, faire des sauts de biche... encore à son rythme, comme dans un miroir... Voulez vous danser et avancer avec Jésus sur les eaux ? C'est à cet endroit qu'est son terrain de jeux et d'apprentissage. C'est sur le lac que Pierre apprit à marcher sur les eaux, c'est là aussi qu'il vécut des pêches miraculeuses et où il vit la tempête se calmer prodigieusement... Resterez-vous dans votre barque à quai ou sortirez-vous pour aller de l'autre bord ? Avant d'atteindre l'autre rive, vous aurez appris des leçons spirituelles déterminantes, vous aurez appris à vivre en communion avec Christ et à ne dépendre que de lui, à ne faire qu'un avec lui, comme un couple en osmose qui danse, comme un enfant qui suit les mouvements de son partenaire de jeu, tel un miroir... 


 2014...

Jésus intercédait, assis sur l'océan, la tête posée sur ses genoux repliés. Je me suis assise en face de lui, en silence. En même temps, dans la réalité j'écoutais la répétition de chants qui avait lieu dans la salle principale de l'église (en préparation du culte). Soudain, les chantres se sont mis à chanter à tue-tête, accompagnés de leurs instruments. Dans ma vision, mon regard croisa celui de Jésus. Lui aussi prêtait l'oreille aux chants. Il sourit, l'air attendri et amusé. Je ne l'avais jamais vu ainsi et craignis que cette clameur n'ait perturbé son intercession. Ils chantent faux, pensai-je embarrassée. 

       - Non, a répondu Jésus, ils chantent juste, de tout leur cœur, de toute leur âme et de toutes leurs forces. Le reste a peu d'importance.

       J'ai souri, gênée d'avoir jugé mes frères et sœurs, mais heureuse de le voir si clément.

       - J'aime leur enthousiasme, a-t-il déclaré en se mettant debout sur les eaux.

       Il m'a ensuite tendu la main, afin que je me lève à mon tour. 

       - M'accorderais-tu cette danse ?m'a-t-il demandé.

       - Avec plaisir, ai-je répondu, consciente du privilège qu'il m'accordait.

       - Cela fait partie des leçons de l'océan, m'a-t-il chuchoté à l'oreille.

       - Tout comme les pêches miraculeuses et l'apaisement prodigieux des tempêtes ? ai-je pensé.

       - Exactement. Nous nous promènerons ensemble en musique sur ces eaux… Laisse-moi te guider, m'a-t-il dit en empoignant fermement ma main et en jouant de tout son poids dans la marche.

       - J'ai la tête qui tourne ! ai-je rapidement protesté.

       - Parce que ton regard ne fixe pas le mien, me reprit-il avec fermeté. Il s’agit d’une sorte de dialogue dansé qui implique une ouverture vers l’autre.

       - Je ne connais pas ces pas ! objectai-je encore en freinant la cadence.

       - Ne cherche pas à les deviner ni à trouver une logique, poursuivit-il sans s'arrêter. Laisse-moi mener la danse et abandonne-toi complètement entre mes mains.

       - Je comprends maintenant pourquoi tu parlais d'une leçon sur l'océan. Ce n'était pas un moment récréatif, mais encore une leçon d'obéissance et d'abandon total, ai-je rechigné. Tu te venges, parce que tout à l'heure je disais qu'ils chantaient faux ?

       - Je ne me venge pas, a-t-il répondu amusé. Mais toi, tu danses faux, parce que ton cœur n'est pas en totale harmonie avec le mien.

       - Comment veux-tu que je te suive ? Tu vas trop vite et tu changes sans cesse de rythmes et de directions ! me suis-je justifiée, en ne comprenant pas ses reproches.

       - Il ne s'agit pas de fermer les yeux et de te transformer en marionnette entre mes mains, m'a-t-il expliqué. Mais, il faut que tu écoutes mon cœur et que tu sois dans une osmose intentionnelle avec moi.

       - Ce n'est pas simple ! ai-je objecté. T'écouter en marchant à tes côtés, c'est une chose ! Mais danser, c'en est une autre et je ne suis pas douée pour cela.

       - C'est un moment privilégié que tu apprécieras lorsque tu seras parvenue à me suivre parfaitement, tout comme tu apprécies aujourd'hui de marcher sur les eaux ou de planer dans les cieux. Tout est une question de révélation et d'abandon…Ta maturité parfaite se révèlera quand tu seras pleinement à l'aise avec mon imprévisibilité. Mais on reprendra cette leçon une autre fois, conclut-il, alors que la musique s'était arrêtée.

2018

Je me suis retrouvée debout sur l'océan face à Jésus. Il me tendit la main avec douceur comme pour m'inviter à danser avec lui et il me dit : "Reprenons là où nous en étions restés..." (c'est à dire 4 ans plus tôt...) A cet instant, je réalisai que je n'avais plus de jambe... ou plutôt, que nos jambes avaient complètement fusionnées. Ses jambes et mes jambes ne faisaient qu'unes ! Était-ce pour cette raison qu'alors que j'étais malade, je n'avais plus aucune force pour marcher ? Sans en prendre conscience j'avais alors appris à ne plus compter sur mes forces ! J'avais renoncé à mon rythme, à mes directions, à mes ambitions, mes rêves, mes voies pour embrasser les siennes, pour fusionner avec ses jambes et ses pieds ! Ma main gauche se posa sur sa taille qui avait été blessée et ma main droite prit sa main percée... Mes yeux fixèrent les siens avec amour, comme si son regard m'absorbait. Je sentais battre son cœur et mon cœur se mit au diapason du sien. Nous avons dansé et cette fois il n'y eut aucun problème de synchronisation, aucun problème de rythme ou de direction... tout était léger, aérien, fluide. C'était une danse d'unité parfaite, pleine d'amour et de joie. Rien de comparable avec la première fois ! Et alors que nous dansions des gouttes d'eau et des gouttes d'huile tombaient du ciel. Elles imbibèrent des bandelettes qui pouvaient guérir les corps et les âmes malades, si on les appliquait. Chaque bandelette imprégnée d'eau et d'huile représentait une parole de Dieu à appliquer à nos vies... Un verset reçu en même temps : Romains 6.5 (version littérale) "Si nous sommes nés ensemble et unis comme des jumeaux fusionnés (des siamois) par sa mort, nous le serons aussi par sa résurrection."

Voilà ce que signifie devenir une même plante avec Christ ; souvenons-nous qu'il est le cep et nous les sarments ! 

2020

J'étais sur les eaux assise dans une caisse en bois qui ressemblait étrangement à l'arche de l'alliance (sans l'or) ; je flottais sur les eaux dans le calme et la confiance et d'un seul coup j'ai pris conscience que j'avais un coffret en bois sur les genoux, je me demandais ce que cela pouvait bien être ; quand j'ai regardé de plus près j'ai vu un cœur sanguinolent à l'intérieur ; et j'ai entendu ce chant : je te donne mon cœur, il ne m'appartient plus, ce que j'ai de meilleur, tout est pour toi, Jésus... Mais ce n'était pas moi qui chantais, c'était Jésus qui me laissait ce chant comme un message signé de sa part !  

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