Savourer la providence divine

 

Narration de John Piper inspirée d’un conte de T H White : the once and future King*, pour nous aider à saisir comment lorsque nous savourons la providence divine, cela nous permet de gérer les difficultés de notre existence.

Il était une fois un vieillard très sage appelé Job Alors que Job était déjà d’un âge avancé, Dieu lui permit d’engendrer une fille à qui il donna le nom de Jemima, ce qui signifie « petite colombe ». Il avait beaucoup d’affection pour sa fillette et elle aimait son papa.

Un jour, Job décida de partir en voyage et il offrit à Jemima de venir avec lui.

Celle-ci lui répondit : « Oh oui ! J’aimerais bien y aller avec toi. »

Ils prirent donc la route et marchèrent pendant toute une journée. Au crépuscule, ils aperçurent une petite maison et allèrent frapper à la porte. Un homme très pauvre y vivait avec sa femme et leur bébé. Job lui demanda si lui et sa fille pouvaient passer la nuit chez eux avant de poursuivre leur pèlerinage le lendemain matin.

Le pauvre homme et sa femme les accueillirent avec joie. Ils offrirent leur propre chambre à Job et à sa fille, et leur préparèrent un souper en toute simplicité. Le lait frais provenant de leur seule vache constituait la meilleure partie du repas. C’est grâce à cet animal qu’ils gagnaient leur vie. Il leur procurait du lait de qualité qu’ils vendaient à un prix suffisant pour leur subsistance.

Au matin, quand ils se levèrent, Job et Jemima entendirent des sanglots. La vache était morte durant la nuit et la femme pleurait. « Qu’allons-nous faire maintenant ? Qu’allons-nous faire ? » murmurait-elle. L’homme pauvre était sur le point de couper la vache en morceaux pour vendre la viande au marché, avant qu’elle ne se perde. Mais Job lui dit : « Je crois qu’il vaudrait mieux que vous ne la découpiez pas. Enterrez-la plutôt près du mur arrière de votre propriété, sous l’olivier. Il se pourrait que la viande ne soit pas monnayable. Confiez-vous en Dieu et il prendra soin de vous. » L’homme fit donc ce que Job lui suggérait.

Ayant repris leur chemin, Job et Jemima marchèrent de nouveau toute la journée et, épuisés, ils arrivèrent aux abords de la prochaine ville, où ils remarquèrent une belle demeure. Ils s’en approchèrent alors et frappèrent à la porte. Un homme très riche y habitait et ils espéraient bien ne pas représenter un désagrément pour lui.

Mais cet individu se montra plutôt bourru à leur égard. Il leur répondit qu’ils pouvaient dormir dans la grange. Il leur donna de l’eau et du pain pour souper et les laissa seuls. Job, rempli de gratitude, dit à l’homme riche : « Merci beaucoup pour le pain et l’eau et pour la possibilité de dormir dans votre grange. »

Au lever du jour, Job remarqua que l’un des murs de la maison s’effritait. Il alla donc acheter des briques et du mortier, puis colmata la brèche dans le mur abimé pour l’homme riche. Ensuite, il se remit en route avec Jemima et ils parvinrent à destination.

Ce soir-là, au coin du feu, Jemima interrogea son père : « Papa, je ne comprends pas les voies de Dieu. Cela me semble injuste que la vache de l’homme pauvre meure, alors qu’il a été si bon envers nous, et que tu répares le mur de l’homme riche qui nous a traités si durement. »

« Eh bien Jemima, dit Job, souvent les choses s’avèrent bien différentes de ce qu’elles semblent être à première vue. Pour cette fois-ci, je t’en donnerai la raison. Mais tu devras dorénavant faire confiance à Dieu, car en général, il n’explique pas ce qu’il est en train de faire.

La vache de l’homme pauvre était très malade, mais il ne le savait pas. J’en ai décelé le goût dans la lait qu’il nous a servi au souper. Dans peu de temps, le lait qu’il vendait aurait été contaminé et ses clients seraient tombés malades et seraient morts. On l’aurait alors lapidé pour sa faute. Je lui ai donc conseillé de ne pas chercher à vendre la viande, mais plutôt d’enterrer la vache près du mur arrière, sous l’olivier. J’ai dit cela parce que Dieu m’avait révélé qu’en creusant à cet endroit, il allait déterrer une coupe en argent qui s’y trouvait ensevelie depuis très longtemps. Il pourra donc la vendre assez cher pour pouvoir s’acheter deux bonnes vaches et s’assurer une vie meilleure avec sa femme et son enfant.

Quand nous avons passé la nuit chez l’homme riche, j’ai remarqué la brèche dans le mur abîmé, mais j’ai également vu autre chose. Un coffre plein d’or était dissimulé depuis des générations dans cette cloison. Si l’homme riche avait lui-même effectué la réparation, il aurait trouvé ce coffre. Son orgueil et sa dureté n’en auraient été qu’encouragés. J’ai donc acheté des briques et du mortier pour réparer la brèche, afin qu’il ne trouve jamais ce trésor. Comprends-tu Jemima ? »

« Oui je comprends maintenant. »

 * Une grande partie de ce que nous savons aujourd’hui du roi Arthur, de l’épée Excalibur plantée dans une enclume, et des aventures des chevaliers de la Table ronde en quête du Graal, nous vient de The Once and Future King (traduit par "le roi d’hier et de demain"), et de son immense succès en Angleterre et aux USA en 1958.

 


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