D'après un article de
Jennifer Tan
Tout le monde en veut un.
La plupart des gens en ont eu au
moins un.
Il est aussi assez fréquent d’en
perdre un.
Non, je ne parle pas du
partenaire idéal. Je parle d’un emploi.
Durant mes recherches d’emploi
sur Internet, j’ai trouvé beaucoup de choses en plus des propositions
d’emplois.
Il y a des astuces pour trouver
un travail plus facilement, pour se préparer à son emploi et pour bien choisir
sa profession.
Pourtant, je n’ai trouvé que très
peu d’articles sur ce qu’il faut faire quand on perd un emploi.
Le quotidien pour lequel je
travaillais – dans le sud de la Saskatchewan, au Canada – m’a récemment
remerciée de mes services.
Je croyais être prête à encaisser
le coup, mais je me suis vite rendu compte que jamais rien ne vous y prépare.
En décembre dernier, ma patronne
m’a convoquée dans son bureau un lundi après-midi.
Je savais que cet entretien
arriverait puisque j’avais demandé à ma patronne de me faire part de sa
décision par rapport à mon contrat à durée déterminée.
Durant les quatre mois avant
cette rencontre, je marchais sur des œufs au bureau.
On m’avait averti à plusieurs
reprises en me disant de mieux relire mes articles avant de les soumettre, mais
je laissais toujours passer des erreurs malgré tous mes efforts.
« Ça ne va pas », m’a
annoncé ma patronne. « Nous apprécions tes efforts, mais nous
allons devoir te congédier » a-t-elle conclu.
Elle m’a ensuite dit qu’elle
était prête à me servir de référence si je décidais de poser ma candidature à
un poste chez un autre quotidien.
Elle m’a même dit que j’étais
libre de quitter le bureau tout de suite après la réunion.
C’est alors que j’ai pris
conscience qu’il ne s’agissait pas seulement de la perte d’une source de
revenu.
Cela voulait dire que je ne
reverrais plus mes compagnons de travail et que je perdais ma routine.
Je sentais que j’avais échoué en
tant que journaliste.
J’avais l’impression que cette
perte d’emploi signifiait la fin de mon rêve de devenir auteur.
C’est à ce moment que les larmes
ont commencé à monter.
Je croyais pouvoir avoir l’air
courageux, mais les larmes ont vite commencé à ruisseler sur mes joues.
En quelques secondes, j’étais
devenue une enfant sanglotant.
« Prends le temps de te
remettre de tes émotions avant de sortir », m’a dit ma patronne après
m’avoir prise dans ses bras pour tenter de me réconforter.
À peu près cinq minutes plus
tard, j’ai ramassé ce qui me restait d’orgueil et je suis sortie du bureau pour
terminer ma journée de travail.
Pour être parfaitement honnête,
j’ai vécu toute une gamme d’émotions à ce moment-là.
D’un côté, j’étais terriblement
soulagée que mon CDD soit terminé, mais d’un autre côté, j’étais triste d’avoir
à quitter des collègues que je venais à peine de commencer à connaître.
Tirer des leçons de cette
expérience
Depuis ce temps, je passe mes
journées chez mes parents et je m’occupe.
J’ai utilisé ce temps libre pour
rattraper les nombreuses heures de sommeil que j’avais perdues lorsque je
travaillais pour le journal.
J’en ai aussi profité pour analyser
ce qui n’a pas fonctionné dans cette expérience afin d’en tirer toutes les
leçons possibles.
J’en suis venue à la conclusion
que j’ai accepté trop hâtivement un poste pour lequel je n’étais pas prête.
Toutefois, au moment d’accepter
le poste, personne n’aurait pu me convaincre de ce fait.
Il fallait que je découvre mes
limites par moi-même afin de connaître mes lacunes au niveau professionnel.
Peut-être que je ne suis pas
encore apte pour un journal quotidien.
Il aura fallu un an pour que
j’apprenne cette leçon.
Je suis actuellement à la
recherche d’un travail qui ne serait pas au sein d’un quotidien. J’aurais ainsi
le temps de développer les habiletés nécessaires.
Personne n’aime perdre un emploi.
Mais il faut se rappeler que la
vie continue.
J’ai appris beaucoup plus de cet
emploi perdu que de tous les autres emplois que j’ai eu auparavant et où je
n’avais jamais été mise à l’épreuve.
À un moment, j’ai cru que cette
expérience serait comme une marque noire indélébile ou même une fin définitive
à ma carrière d’écrivain.
Mais je me suis rendu compte que
j’accordais beaucoup trop d’importance à un emploi que je ne le devais.
C’est vrai qu’un emploi est
important.
Il s’agit d’un élément qui nous
aide à développer notre identité, mais cette identité devrait être fondée sur quelque
chose de beaucoup plus permanent qu’un emploi.
Il y a aussi le fait que les
emplois sont si volatiles de nos jours …
Si je ne me fie qu’à ma
profession pour définir ma personne, que m’arrivera-t-il quand je serai à ma
retraite ? Logiquement, je perdrais alors toute valeur.
La véritable identité et la vraie
valeur ne peuvent être ancrées dans une position sociale.
(Choses qui sont toutes
variables)
Dans l’absolu, le vice-président
d’une grande compagnie n’a pas plus de valeur qu’un concierge.
Malheureusement, dans notre
société, une personne qui perd son emploi peut voir la perception des autres
changer à son égard.
Nous faisons souvent des
jugements de valeur rapides en nous appuyant sur le poste qu’une personne
occupe.
C’est ainsi que nous
catégorisons les gens et leur trouvons rapidement une place dans notre
cadre de référence.
Il y a toutefois une personne qui
ne se laisse jamais influencer par le prestige de l’emploi qu’occupe un
individu. Cette personne, c’est Dieu.
Dieu aime chaque individu, peu
importe son état, parce que c’est lui qui est le créateur.
Je n’ai donc pas à faire semblant
ou à me démener pour être quelqu’un que je ne suis pas.
Il m’accepte comme je suis.
Même si je n’ai pas d’emploi
actuellement, je sais qu’un autre poste m’attend un peu plus loin sur la route
de ma vie.
En attendant, je réévalue la
carrière que j’exerce et je prends le temps de développer mes habiletés
en photographie et en écriture ; domaines qui m’ont fait choisir le métier
de journaliste.
Évidemment, je cherche aussi un
autre emploi.
Le chômage, ce n’est pas la fin
du monde.
C’est seulement la fin d’un
emploi.

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