À ce point tel, que nous avons l’impression qu’ils sont l’apanage exclusif de la vie moderne.
Nous conspuons contre ces conditions de vie parce que nous croyons qu’ils sont le résultat de ce que ce monde actuel a inventé comme société avec ces demandes persistantes, la pression constante, le bombardement incessant de l’information (24h/24H), la rapidité d’exécution qu’engendrent l’Internet et les technologies modernes.
Dans tous les cas, nous aimerions tous avoir une divine immunité sur la fatigue et l’épuisement et avoir à notre portée une réserve illimitée d’énergie.
Bien que ces phénomènes que sont l’épuisement, le burn-out et l’anxiété qui s’y rattache semblent être en augmentation, il serait faux de croire qu’ils sont la particularité unique de la vie moderne.
Ils ont toujours existé et font partie inhérente de notre difficulté à respecter les limites de nos capacités tout humaines et à apprendre à développer des habitudes de vie plus saines.
Le texte, ci-dessous, met en perspective un épisode de la vie de Jésus qui illustre fort bien cet état de fait.
Les apôtres reviennent de « mission » et sont exaltés par tout ce qui survient.
Mais Jésus, nullement impressionné, les encourage à venir à l’écart et à se reposer. « Les apôtres, s’étant rassemblés auprès de Jésus, lui racontèrent tout ce qu’ils avaient fait et tout ce qu’ils avaient enseigné. Jésus leur dit : Venez à l’écart dans un lieu désert, et reposez-vous un peu. Car il y avait beaucoup d’allants et de venants, et ils n’avaient même pas le temps de manger. Ils partirent donc dans une barque, pour aller à l’écart dans un lieu désert. Beaucoup de gens les virent s’en aller et les reconnurent, et de toutes les villes on accourut à pied et on les devança au lieu où ils se rendaient. » (Marc 6:30-33)
Nous allons découvrir à la lumière de ces courts versets très révélateurs, la source de l’épuisement et du burn-out ainsi que des solutions simples à appliquer qui nous permettront de vaincre nos états de stress et de fatigue.
La source : Ce bref texte de l’évangile de Marc met en perspective les 5 sources les plus courantes rattachées à l’épuisement.
Malgré le fait qu’elles aient été écrites depuis près de 2000 ans, elles demeurent d’une actualité fascinante.
Les études modernes confirment cet élément précis de ce passage du Nouveau Testament.
Le plus grand « stresseur » dans la vie est la personne humaine.
Contrairement à ce que l’on croit communément, ce n’est pas l’ampleur de la tâche ou la somme de travail à abattre.
Ce sont les gens derrière.
Cela peut être, pour une maman par exemple, les exigences multiples des enfants qui réclament et demandent constamment. Pour un employé, il peut s’agir des demandes intransigeantes d’un supérieur excessivement demandant.
Parfois dans le mariage, cela peut provenir des sollicitations pressantes d’un conjoint insatisfait.
Jésus et les apôtres n’étaient pas à l’abri de ces pressions humaines.
Ils étaient entourés de gens aux besoins immenses qui les pressaient de toutes parts sans arrêt.
2. Les tâches (tout ce qu’ils avaient fait et tout ce qu’ils avaient enseigné. V.30)
Bien que la somme de travail ne constitue pas le premier stresseur, cela ne signifie pas qu’elle est sans effet.
Dans ce texte particulier, les disciples semblent être grisés par tout ce qu’ils ont fait et tout ce qu’ils ont enseigné.
Bien des gens puisent leur valeur dans ce qu’ils font davantage que dans ce qu’ils sont.
Dans notre société, celui qui abat du gros boulot est valorisé et, pour sauvegarder sa valeur aux yeux des autres, il faut qu’il en fasse toujours plus.
Ceux qui sont en dépression ou en convalescence suite à un épuisement peuvent vous raconter tous les sarcasmes et tous les jugements dont ils sont l’objet.
Ils sont traités de lâches, de paresseux, de profiteurs.
Cela en dit beaucoup sur ce quoi nous accordons de l’importance.
La tâche devient plus importante que la personne humaine. Mais, bien sûr, pas aux yeux de Jésus…
3. Les changements (Car il y avait beaucoup d’allants et de venants… v.31)
Selon Han Selye, le stress est considéré comme « le taux de résistance à l’usure de l’organisme ».
Une large portion du stress provient des changements constants auxquels la personne doit constamment s’ajuster.
Nous ne pouvons vivre sans changements puisque la vie n’est pas statique.
Par contre, trop de changements use la personne jusqu’à ce qu’elle « brûle » toute son énergie.
Le va-et-vient incessant et la tourmente de la vie nous obligent, pour rester en santé, à rechercher ces temps de calme, de stabilité et de repos où nous pouvons retrouver nos forces et notre vitalité.
4. Les priorités (…ils n’avaient même pas le temps de manger. V.31)
Jésus avait bien vu que ses disciples malgré leur extase et leur engouement pour tout ce qui se passait manquaient profondément de sagesse.
Enivrés par leur succès, absorbés par leurs tâches, ils ne prennent même pas le temps de manger.
Il y a parfois ce danger de croire que la vie spirituelle, si exaltante soit-elle, puisse enfreindre les lois naturelles de la vie.
Une des grandes caractéristiques d’une vie et d’une activité spirituelle véritable et profonde est l’équilibre.
Jésus utilise un événement qui met en perspective à la fois les dimensions naturelles et spirituelles sans que les deux ne soient en conflit ou en opposition.
5. L’exaltation
Les apôtres, s’étant rassemblés auprès de Jésus, lui racontèrent tout ce qu’ils avaient fait et tout ce qu’ils avaient enseigné. v.30) Les gens qui subissent un « burn-out » ne se sont pas épuisés parce qu’ils n’aimaient pas ce qu’ils faisaient ou parce qu’ils étaient paresseux et fainéants.
Au contraire, ils sont des gens actifs (hyper), performants et passionnés par ce qu’ils font à ce point tel qu’ils finissent par dépasser leurs limites.
Leur exaltation et leur passion deviennent des éléments qui se retournent contre eux.
Ils sont un peu comme ces jeunes qui aiment les sensations fortes des sports extrêmes et qui poussent et poussent leurs limites en défiant davantage le danger et la mort.
Ils finissent par les rencontrer au détour.
L’exaltation doit être tempérée par le réalisme.
La solution : Comment faire pour bien se rétablir d’un état d’épuisement?
Comment retrouver une énergie renouvelée?
Bien qu’il n’y ait pas de réponses simples à tout cela, Jésus, dans sa grande compassion, nous démontre par un simple énoncé, comment retrouver un équilibre devant les nombreuses sollicitations de la vie et de toutes ces activités qui nous assaillent.
Voici 4 clés toutes simples pour nous aider dans ce sens :
1. L’éloignement (Venez à l’écart…v.31)
Jésus dit à ces disciples de venir à l’écart et de quitter temporairement l’effervescence de la foule.
Pour ceux qui sont épuisés et fatigués, cela signifie s’éloigner régulièrement des sources de stress afin de retrouver sont énergie.
Parfois, cette source d’énergie et sa perte sont illustrées par l’image d’un puits artésien qui s’est tari.
Il ne sert à rien de continuer à pomper et à tenter de puiser encore de l’eau.
Au contraire, en arrêtant ainsi d’en tirer davantage, le puits pourra se renouveler normalement et simplement par les vertus naturelles des nappes d’eau souterraines.
Il en est de même pour nos ressources physiques, psychiques et spirituelles.
L’éloignement temporaire nous permet de renouveler nos forces et de retrouver une juste perspective des priorités et des enjeux de notre vie
2. L’isolement (…dans un lieu désert, v.31)
L’isolement peut sembler une stratégie négative en soi.
On suggère très souvent aux gens de faire le contraire et de ne pas rester seuls.
Mais, encore une fois, rappelons-nous que les plus grandes sources de stress sont les autres êtres humains.
Certaines fois, ce sont eux qui exigent de nous et en d’autres moments il s’agit de nous-mêmes, lorsque dans nos peurs de déplaire ou nos envies de toujours plaire, nous nous oublions totalement au profit des autres.
Plein de gens s’étourdissent par les activités, par les relations nombreuses, par les affairements incessants.
Ils ne prennent jamais l’occasion pour se retrouver eux-mêmes et avec eux-mêmes.
De tout temps, dans l’Ancien comme dans le Nouveau Testament, Dieu a amené ses prophètes et ses serviteurs dans le désert.
Un lieu qui apparaît hostile et peu accueillant, mais où n’existe aucune stimulation.
Un lieu où le silence est maître.
C’est dans ses temps particuliers seulement que la mer déchaînée de nos tumultes intérieurs vient à se calmer et que nous pouvons retrouver nos esprits, le plein contrôle de nos vies et d’entendre à nouveau la voix de Dieu nous parler et nous rassurer.
Jésus voit très bien la scène et sait que les apôtres ne peuvent continuer de la sorte.
S’ils ne prennent pas le repos nécessaire, leur « mission » peut être compromise.
Ils doivent absolument reprendre des forces.
Dans ce sens, le repos peut prendre diverses formes.
Il peut s’agir de relaxer tout simplement en apprenant à se détendre (sans se sentir coupable), à relâcher le contrôle (sans avoir peur).
Cela peut signifier prendre en charge sa condition physique ou développer des loisirs autres que le travail.
Il s’agit, simplement, de faire des activités qui nous amènent à décrocher de nos activités habituelles et de nos angoisses récurrentes pour pouvoir récupérer.
4. Le ressourcement (Les apôtres, s’étant rassemblés auprès de Jésus, v.30).
Dans ce récit, les apôtres s’approchent de Jésus.
En faisant cela, ils lui donnent l’occasion et l’espace nécessaire pour qu’il puisse agir et leur parler.
Bien qu’il faille s’éloigner des sources de stress, il ne faut jamais s’éloigner de Celui qui peut nous aider et prendre soin de nous.
Jésus a dit «Venez à moi vous tous qui êtes fatigués et chargés et je vous donnerai du repos pour vos âmes! ! »
(Matt. 11/28).
Jésus ne place pas des fardeaux sur nos épaules.
Il nous encourage à nous rapprocher de lui particulièrement lorsque nous sommes épuisés et surchargés.
Il nous accueille et nous assure que luimême nous donnera du repos.
Les temps d’épuisement sont des moments qui doivent nous porter vers les bilans et les réflexions.
Il faut s’avoir tiré des leçons de ce qui nous a amené dans cet état et découvrir avec l’aide de Dieu, ce qui nous tourmente au point de nous épuiser ainsi.
On raconte l’histoire d’un pasteur qui, un jour, se trouvant épuisé et vidé émotionnellement et spirituellement alla chercher conseil auprès d’un directeur spirituel.
Il lui raconta de long en large ses états d’âmes, les stress, difficultés et fardeaux de sa vie et du ministère.
Il s’attendait, en réaction à ses propos, à tout un leitmotiv sur le sacrifice, les efforts à poursuivre, sur la croix à porter, etc. À son grand étonnement, la personne lui dit tout simplement : « Il n’y a qu’une seule chose à faire quand ton puits est à sec. Il faut que tu creuses plus profondément. »
Le pasteur retourna chez lui en comprenant que le ressourcement ne provient pas tant des aléas de nos vies extérieures que dans l’approfondissement de notre vie intérieure, notre vie spirituelle.
Il en est de même pour chacun de nous.
Nous ne pouvons éviter les stress et les exigences de la vie.
Par contre, nous pouvons renouveler nos forces et puiser notre énergie dans cette relation vitale que nous avons avec Celui dont les sources sont intarissables.
« Mais qui trouve son plaisir dans la loi de l’Éternel, et qui la médite jour et nuit! Il est comme un arbre planté près d’un courant d’eau, qui donne son fruit en sa saison, et dont le feuillage ne se flétrit point: tout ce qu’il fait lui réussit.» (Psaume 1 :3)

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