Éphésiens6.1-4: "Vous, enfants, obéissez à vos parents à cause du Seigneur, car c’est là ce
qui est juste. Honore ton père et ta mère : c’est le premier commandement auquel une promesse est rattachée : pour que tu sois heureux et que tu jouisses d’une longue vie sur la terre. Vous, pères, n’exaspérez pas vos enfants, mais élevez-les en les éduquant et en les
conseillant d’une manière conforme à la volonté du Seigneur. "
L’éducation est donc présentée comme une formation, transmise avec douceur et sagesse, orientée vers le Seigneur, et
pour le bien de l’enfant.
Mais revenons à l’étymologie du quatrième commandement du Décalogue.
D’abord, dans ce passage, il est question du père et de la mère, c’est-à-dire de deux entités individuées, et non
des parents, considérés comme une unité.
Il nous est donc demandé dans la Bible d’avoir une relation spécifique avec chacun de nos deux géniteurs, ce qui est
souvent oublié.
Ensuite, "honorer" ne signifie absolument pas vénérer, ou adorer!
En effet, étymologiquement, "honorer" vient de l’hébreu "kabèd" qui signifie donner du poids, d’où l’idée d’
accorder la valeur réelle à une chose telle que l’éducation ou à une personne telle que son père ou sa mère.
Il nous est donc commandé dans la Parole de Dieu de soupeser, d’évaluer justement ce que nous avons reçu de notre
père et de notre mère, en mettant en balance ce qui nous a été profitable, avec ce qui nous a nui.
Or, pendant des générations, les parents ont interdit à leurs enfants de critiquer leur éducation, tant dans son
fond que dans sa forme, sous peine de malédiction.
Cependant,
ce commandement si ravageur est le premier auquel une promesse est
attachée, c’est-à-dire que si
quelqu’un discerne ce qui l’a construit de ce qui l’a détruit dans
les pensées, les paroles et les actes de son père et de sa mère, sa vie
sur Terre sera longue.
Inversement, s’il refuse d’accepter la vérité concernant l’héritage des auteurs de ses jours, sa vie sera
courte.
"Honorer
son père et sa mère" ne veut pas dire non plus se soumettre aux projets
ou désirs qu’ils ont pour
nous-même, ni combler leur manque en étant leur tout, ni leur éviter
toute souffrance, ni se laisser asservir par un chantage affectif, ni
demeurer dans la dépendance.
Dans la Genèse 2/24, nous lisons : "C’est pourquoi un homme se séparera de son père
et de sa mère et s’attachera à sa femme, et les deux ne feront plus qu’un."
Honorer son père et sa mère implique donc de se détacher d’eux, de se mettre à distance.
C’est nécessaire pour ne pas reproduire les manquements de nos parents, ne pas passer notre vie à chercher à combler
nos vides, nos frustrations induits par une carence d’amour.
L’erreur courante consiste en effet à idéaliser nos parents qui ne se nous ont pas éduqués chrétiennement.
Or, c’est en tant que serviteurs de Dieu qu’ils sont vénérables!
Pour être à sa juste place dans sa lignée, il est donc indispensable de se séparer intérieurement de son père et de
sa mère, de ne pas rester mélangé à leur identité, tout en les respectant, quels que soient les drames vécus.
De nombreuses personnes quittent heureusement le lien fusionnel qui les retenait captives à leur père ou à leur mère
quand elles prennent conscience qu’elles transgressaient un ordre divin.
Elles comprennent qu’elles appelaient à tort devoir un attachement pathogène.
Obéir à un ordre de vie d’origine divine, donc d’une autorité supérieure à celle des parents, est déterminant pour
quitter une fausse culpabilité chrétienne et cheminer vers la guérison.
D’ailleurs, la Bible nous recommande de nous séparer de notre père et de notre mère, dès Genèse
2/24 : "C’est pourquoi un homme se séparera de son père et de sa mère et s’attachera à sa femme, et les deux ne feront plus qu’un."
« Soupeser » implique de « se séparer » de ses deux parents
Et Jésus, comment a-t-il vécu lui-même cette différenciation d’avec son père et sa mère ?
Jésus a toujours été très clair sur la manière de vivre sa propre relation familiale.
A
douze ans, à l’âge où un jeune Hébreu prend vraiment sa place dans la
communauté religieuse, au cours d’un séjour
à Jérusalem, au moment de la fête de la Pâque, il reste au temple
alors que la caravane où se trouvent ses parents est repartie pour
Nazareth. Ceux-ci le cherchent trois jours entiers et le
trouvent finalement dans le temple, interrogeant et enseignant les
docteurs de la loi. Il répond à l’inquiétude de ses parents : "Pourquoi m’avez-vous cherché ? Ne saviez-vous pas
que je dois m’occuper des affaires de mon Père?" (Luc 2/49)
Ce jour-là, Jésus s’est radicalement situé par rapport à sa famille humaine et à Dieu.
Le jeune Messie repart avec ses parents à Nazareth.
En effet, son éducation n’est pas terminée.
Il doit habiter au sein du foyer familial.
L’écrituredit qu’il était soumis à ses géniteurs.
Il l’acceptait tout en distinguant sa mère et son père terrestres de son Père céleste.
Une fois adulte, Jésus a quitté la maison de son enfance.
A propos de la famille, il a enseigné:
Matthieu 10/34 : "Ne croyez pas que je sois venu apporter la paix sur terre : ma mission n’est pas d’apporter la paix, mais l’épée. Oui, je suis venu opposer le fils à son père, la fille à sa mère, la belle-fille à sa belle-mère : on aura pour ennemis les membres de sa propre famille."
Luc 12.51-53 : "Pensez-vous que je sois venu pour
apporter la paix sur la terre ? Non, mais la division. En effet, à partir de maintenant, s’il
y a cinq personnes dans une famille, elles seront
divisées trois contre deux, et deux contre trois. Le père sera
contre le fils et le fils contre son père ; la mère contre sa fille, et
la fille contre sa mère ; la belle-mère contre sa
belle-fille, et la belle-fille contre sa belle-mère."
Connaissant
le message et la vie du Christ, il ne s’agit pas d’un rejet, d’une
exclusion, mais d’une autre façon
d’aimer. Jésus nous parle d’un ordre essentiel, de priorités dans
l’amour, indispensables pour nouer des relations de qualité.
Effectivement,
la traduction hébraïque du mot grec émachaira", qui ne signifie pas
d’abord l’épée mais le grand
couteau utilisé pour les sacrifices, nous confirme que le Seigneur
ne souhaite pas la division mais la séparation de ce qui ne doit pas
demeurer une seule chair.
Matthieu 10/37: "Celui qui aime son père ou sa mère plus que (littéralement : « au-dessus de ») moi n’est pas digne de
moi. Celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi n’est pas digne de moi."
Par
conséquent, celui qui préfère rester dans la confusion,
l’indifférenciation, le mélange, l’emprise, la
possessivité ou la fausse soumission à son père ou à sa mère, plutôt
que de s’acheminer vers une vraie liberté d’Enfant de Dieu, celui-là
n’est pas digne du Christ.
Il ne porte pas sa croix, comme Lui, mais peut-être celle de son père ou de sa mère, ce qui est contraire au Plan
que l’Eternel a conçu pour chacun de nous, personnellement.
Celui qui stagne, s’immobilise, réduit sa vie, désobéit à Jésus qui a dit selon Jean10/10:
"Moi, je suis venu afin que les hommes aient la vie, une vie abondante."
Chacun peut accepter de naître de nouveau afin d’appartenir à la filiation divine.
Extrait d'un article d'Alice Miller (d'après son livre
"Notre corps ne ment jamais")

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